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24 octobre 2008

RECEVOIR LE DARSHAN

À la veille du jour J, j'ai eu envie de reculer et même de renoncer à vivre ce que j'attendais depuis longtemps.
Renoncer à quoi, pourquoi ?
Au lendemain de ma rencontre avec Amma, j'imagine que c'est comme si j'avais eu peur de regarder mes aspirations en face, comme si je m'étais interdit de vivre un événement si fort qu'il changerait irrémédiablement quelque chose et qu'il m'obligerait non seulement à accepter que ma vie prenne un nouveau tournant mais également à prendre la mesure de ce changement.
Désormais, je fais partie des 24 millions de personnes Qu'Amma a tenu dans ses bras et ce matin, regardant autour de moi je réalise que tout ce à quoi je croyais tenir n'a plus d'importance.
Chaque regard que je porte sur ceci ou cela m'invite à m'en défaire.

Prépare-toi au grand virage même si tu ne sais pas quand il va se produire.
Tu es dans un entre-deux.
Attends seulement que les choses se délitent, attends le temps où tu prendras congé sereinement parce qu'il t'apparaîtra qu'assurément la page est tournée, que tu n'as plus rien à faire ici, que le fil ténu qui te reliera encore à ton ancienne vie sera un fil d'amour transformé.

Après une nuit de sommeil, je songe à ce que j'ai vu, vécu, ressenti, découvert, reçu, donné, partagé.
Je songe aux verrous qui sautent les uns après les autres, aux barreaux qui se désagrègent et à cette petite phrase qui me porte :
Où il y a de l'amour, il n'y a pas d'effort.
Et c'est vrai.
Avec deux heures de mauvais sommeil au compteur, j'ai tenu toute la journée et aujourd'hui, je suis en pleine forme.
Ce qui était sombre devient radieux, le poids qui pesait sur mon cœur et mes épaules s'est allégé.

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26 octobre 2008

JEUDI 23 OCTOBRE 2008

Couchée à vingt-et-une heures, j'essaye de dormir mais comme la semaine précédente, la séance de yoga me laisse une sensation étrange, presque douloureuse dans tout le corps ce qui fait que le sommeil ne vient pas.
Vingt-trois heures.
Puisque je n'ai toujours pas réussi à fermer l'œil, je décide de prendre ma douche.
Une fois recouchée, impossible de me laisser aller, passant en revue ce que je ne dois pas oublier. De quoi me couvrir pour ne pas avoir froid en faisant la queue au petit matin, de quoi régler le thali et deux ou trois bricoles.
L'homme ne dort pas lui non plus mais à l'heure où il sombrera, je me lèverai et taperai une petite marche d'une demi-heure au pas de charge jusqu'à la station de RER.
Il ne fait pas chaud mais j'arrive à la gare à 5h30 avec les joues en feu.
Elle se tient sur le quai avec son vélo.
J'ai l'air d'une poule qui vient de pondre un œuf.
Comment fonctionne le RER au fait ?
J'ai tellement peur de le rater que je m'engouffre dans une rame pour en ressortir précipitamment.
Je ne prends jamais le RER et ça se voit.
Elle va sûrement dans la même direction que moi.
Mais qu'est-ce qu'elle fait comme boulot pour se lever si tôt ?
Nous ne montons pas dans le même wagon.
À quoi est-ce que je m'attendais au juste ?
La moitié du wagon somnole.
Où vont tous ces gens à une heure pareille ?
Le trajet passe vite.
De toute manière, je suis en route et c'est tout ce qui compte.
Arrivée à Cergy Préfecture.
Qu'il fait nuit et froid.
La voilà à nouveau avec son vélo.
Tiens, tu y vas toi aussi ?
Elle rigole.
Elle m'avait repérée depuis Paris.
Ca m'épate toujours les inconnus qui se reconnaissent.
Et nous voilà reparties à grandes enjambées vers le Hall Saint Martin.
Le parcours est fléché, les explications que j'ai imprimées à partir du site sont limpides.
Sous le ciel étoilé, des lapins gambadent.
Bonne surprise.
Nous arrivons dans les premiers.
Je me prépare à affronter des heures d'attente dans le froid mais les portes s'ouvrent assez vite.
Nous voilà au chaud.
Des bénévoles demandent :
- qui vient voir Amma pour la première fois ?
Petite pastille de couleur collée bien en évidence sur nos vêtements.
Nous sommes prioritaires dans la file et aurons un carré réservé tout près d'Amma.
Distribution de thé, café et croissants pour ceux qui le souhaitent.
Le temps file à toute allure.
La conversation s'engage.
Petit passage au vestiaire pour déposer chaussures et vestes.
Nouvelle attente, tous assis sur la moquette recouverte d'un film plastique.
Tout est propre, bien expliqué, bien organisé.
Nous continuons à discuter.
Le signal est donné et pénétrons calmement dans la salle en serrant entre nos doigts notre précieux ticket, passeport indispensable pour recevoir le Darshan.
L'émotion monte d'un cran.
Attroupement sur le côté.
Nous nous levons.
Fausse alerte.
L'attente se poursuit.
On ne parle plus vraiment.
La presse est là.
Amma arrive.
Mantras (Om, Ma) et petite méditation collective.
Ca y est, elle attaque.
Les bénévoles nous ont expliqué le fonctionnement.
Derrière nous, sont affichés des numéros.
B2
C'est à nous.
Nous quittons le carré des nouveaux et nous approchons des chaises disposées deux par deux, les unes derrière les autres.
Loin devant, les gens avancent, à genoux vers Amma.
Il faut veiller à ne pas laisser d'espace entre soi et la personne qui nous précède pour ne pas perdre de temps, le but d'Amma étant d'étreindre tout le monde.
Dernière chaise.
Je pose mes affaires par terre près d'une bénévole.
Me voici à genoux et l'instant d'après, je suis dans les bras d'Amma.
Il n'y a pas de mots pour décrire ce que j'ai ressenti et s'il y en avait, je m'autoriserais à les garder pour moi.
Tout ce que je peux dire, c'est qu'il m'a fallu un long moment pour reprendre pied.
Dans ma main, un pétale de rose et un bonbon, symboles de beauté et de douceur.
Les gens réagissent de diverses manières.
Certains irradient, d'autres pleurent, d'autres semblent rentrer en eux-mêmes.
La journaliste de RMC a beaucoup de mal à trouver quelqu'un qui accepte de parler tout de suite après avoir reçu le Darshan.
Je trouvais la scène complètement surréaliste.
J'ai perdu mon amie à ce moment là.
Plus tard, je l'ai cherchée dans la foule, en vain.
Au fond de moi je ne pouvais croire que le fil était rompu.
Un peu avant quinze heures, petit creux.
Un thali plus tard, intuition.
Si elle est partie, elle m'a laissée ses coordonnées, forcément.
Je fonce au le vestiaire. Bingo.
Un petit mot m'attend dans l'une de mes chaussures.
Toujours faire confiance à sa petite voix.
Je passerai le reste de la journée seule mais l'est-on vraiment ?
Amma continue à donner le Darshan sans relâche.
Un tour dans les stands d'artisanat où je fais l'acquisition d'un punjabi.
Je rencontre Amélie et puis Franck et d'autres dont je ne connais pas les prénoms.
Quelle importance ?
Nous nous retrouverons l'année prochaine.
Une femme me raconte que c'est Arnaud Desjardins qui a invité Amma en France il y a des années.
À cette époque, ça se passait en Charentes puis dans les Vosges et à Bordeaux, l'été, en plein air et on était loin de l'organisation impressionnante d'aujourd'hui.
À présent, elle passe à Toulon et termine par Paris avant de s'envoler pour une autre destination européenne.
17h30, le Darshan du matin prend fin.
Pour moi, c'est l'heure de dire au revoir.
Je ne resterai pas pour l'enseignement, les bhajans et la médiation du soir.
Mes paupières sont lourdes, lourdes.
Je regrette de ne pas avoir prévu d'assister au Devi Bhava.
Ce sera pour l'année prochaine.
Je songe à ce que j'ai vécu durant cette journée qui compte pour mille journées ordinaires, à Amélie que j'espère retrouver d'une manière ou d'une autre, à ma meilleure amie qui m'a expliqué en détail à quoi m'attendre.
Jamais je n'aurais imaginé vivre tout ça et pourtant, en jetant regard en arrière, je réalise que le chemin qui m'a menée jusqu'à Amma a débuté il y des années, sans que j'en aie pleinement conscience.
Si je garde à l'esprit que là où il y a de l'amour il n'y a pas d'effort, je retiendrai cette fois qu'il ne suffit de dire, de ressentir ceci ou cela. Il faut agir.
Curieux écho aux propos de Sœur Emmanuelle que l'on entendait dire, la veille, durant une rétrospective  :
- Il ne suffit pas de se lamenter sur l'état du monde, il faut agir !
Tiens, toi par exemple, qu'est-ce que tu fais ?

29 octobre 2008

ARTS ET TRADITIONS DE L'INDE - INSTITUT MANGALA

Des amis nous convient à passer la journée avec eux pour profiter des ateliers et animations qui se déroulent dans le 18e :

L'Institut Mangala, aidé par Khagi Supermarché et la Mairie du XVIIIe, vous propose deux journées exceptionnelles d'ateliers et de spectacles pour enfants et adultes sur les arts et traditions de l'Inde avec, au programme, musique, ateliers rythmiques, danse, carrom, yoga et dessin. N'attendez pas pour réservez car les entrées sont gratuites mais sur réservation et en nombre limité...
 

Mercredi 29 octobre 2008

Ateliers et Animations

11h30 à 12h30 : Yoga enfants
12h30 à 13h15 : Danse bharatha natyam enfants
13h15 à 14h : Chant Inde du sud enfants
16h à 17h : Danse bharatha natyam adultes
16h à 17h : Chant inde du sud adultes
17h à 17h45 : Dessin traditionnels Kalamkari adultes
17h45 à 18h30 : Dessins traditionnels Kalamkari enfants
17h30 à 18h30 : Rythmes de l’Inde adultes
18h30 à 19h15 : Arc en ciel sonore, atelier rythmique pour enfants (+ de 3 ans)
16h à 19h : Karam board compétition, billard indien

Concerts et spectacles

20h à 20h30 : Duo Chant Carnatique & Tabla  par Audrey Prem Kumar et Latif Ahmed Khan
20h30 à 21h30 : Bharatha natyam Duo  par Nirmala et Patrick Gleyse
21h30 à 22h30 : Duo Tabla et Sitar par Latif Ahmed Khan et Nicolas Delaigue

Dimanche 2 novembre 2008

Ateliers et Animations

10h à 10h45 : Bharatha natyam pour enfants
10h à 10h45 : Chant Inde du sud tous public
10h45 à 11h30 : Yoga tous public
10h45 à 11h30 : Dessin Kalamkari tous public
11h30 à 12h30 : Rythmes de l’Inde adultes
11h30 à 12h30 : Bharatha natyam
12h30 à 14h30 : Kolam, dessins à la poudre de riz sur sol
12h30 à 13h15 : Arc en ciel sonore, atelier rythmique pour enfants (+de 3 ans)
12h30 à 14h30: Karam board compétition, billard indien

Concerts et spectacles

14h30 à 16h : Sapta Svara Mala, la guirlande des sept notes spectacle de danse et de musique traditionnelles par Nirmala (danse bharatha natyam),
Audrey Prem Kumar (chant carnatique),
Shyamal Maïtra (multi-percussions),
Guillaume Barraud (flûte bansouri, guimbarde)
Jyotsna Srikant (violon carnatique)
Pratap RR (mridangam, percussion Inde du sud)

16 h à 17h : Duo Violon et Mridangam : Jyotsna Srikant et Pratap RR

Plus d'informations
myspace.com/institutmangala

Quand ?
Mercredi 29 octobre et dimanche 2 novembre 2008

Combien ?
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Réservations obligatoires au 01 40 37 34 53

Théâtre de la Reine Blanche
2 bis passage Ruelle - 75018 Paris
Métro La Chapelle

Source info : l'Inde à Paris

Une leçon de bharatha natyam :

 

18 novembre 2008

RELATIONS

Au sens propre comme au sens figuré, tu t'éloignes insensiblement...

Je ne peux pas l'empêcher parce que ça ne dépend pas de moi.
mais je peux agir sur la peine que je ressens.
D'abord parce que j'ai le choix de voir le bon ou le mauvais côté de la situation, mais également parce que je suis la seule à pouvoir l'accepter, à envisager qu'une porte qui se ferme annonce l'ouverture d'une autre porte et à envisager le vide comme une chance d'offrir l'espace nécessaire à la naissance d'une nouvelle relation.

Amis, amours, relations évoluant dans notre cercle de vie n'y sont pas sans raison mais tôt ou tard, d'accord ou pas, ils finissent par en sortir.
Que la tentation est grande de se sentir abandonné, de le vivre comme une perte, une injustice, de céder à l'idée que c'est une remise en cause de ce que nous sommes et de nous laisser submerger par les émotions.

Peut-être pouvons simplement considérer que ce que nous devions vivre ensemble est terminé.
Alors à quoi bon résister ou se lamenter quand la boucle est bouclée ?

Bonne route et merci pour tout.

8 janvier 2005

"TADO"

A l'heure de la sieste et parce qu'enfin Goulven(ou) s'est calm?, ne
crie plus et peut entendre ce que je lui raconte je lui ai dit en
l'embrassant :

- je t'aime tant mon b?b?... je t'adore

C'?tait bien la premi?re fois qu'il entendait "je t'adore," ce n'est pas une expression dont je suis coutumi?re.

Il a pos? sa petite main sur la mienne et s'est endormi, le sourire aux l?vres.



... fin de journ?e il r?p?te ? l'envie, "tado, tado."

C'est inhabituel mais je ne r?agis pas.

Puis, brusquement, je r?alise qu'il r?pond ? mes mots doux de l'apr?s-midi

- t'ado' tado'...

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13 décembre 2008

AUJOURD'HUI J'AI AIMÉ

- méditer au petit matin sur la sol de la cuisine, après avoir allumé un bâteau de Nag Champa et bu un yogi tea
- éclater en sanglots dans les bras de celle qui fait la manche au bout de la rue et repartir rassérénée, au moins pour aujourd'hui
- penser qu'après ce froid mordant, j'allais retrouver la tiédeur de mon appartement quand d'autres allaient dehors (et de me demander...)
- recevoir appui et encouragements pour démarcher des éditeurs
- avoir dit à quelqu'un qui me tend des perches depuis des mois : je cherche du travail (même si je ne sais pas encore quoi, quand, comment)
- songer que je pourrais peut-être gagner ma vie tout en étant utile, faisant des choses qui me plaisent et côtoyant des gens que j'aime
- me rappeler que je peux me créer un espace de sécurité, de paix, que tout dépend de la manière dont je regarde les choses

15 janvier 2009

AUJOURD'HUI J'AI AIMÉ

- saluer quelqu'un que j'aime beaucoup
- utiliser l'énergie d'une grosse colère pour agir
- me dire que la prochaine fois, je m'occuperai de ma colère avant qu'elle n'explose
- ne pas honorer un rendez-vous pour, à la place, faire un tour à la bibliothèque
- manger du panettone
- constater que je prends du temps, chaque matin pour chercher, en silence (je sais, je ne dis pas quoi mais je suis sûre que vous saurez lire entre les lignes)
- relire le mail d'une amie
- penser que je me suis débarrassée de 2 objets (c'est le premier pas qui compte)
- avoir dégagé la table pour pouvoir coudre ce soir ou demain
- penser à ces fêtes qui ont été tellement plus douces que je n'osais l'espérer

30 janvier 2009

LA LIBERTÉ, çA REND HEUREUX

Voici un texte que nous avons écrit pour l'atelier T.R.A.C.E.S (il sera mis en ligne prochainement sur leur site) :

M., 10 ans :
Un jour j'ai eu l'idée de construire une trottinette.
J'ai aimé la construire parce que j'ai pu m'amuser, la construire avec des copains.
J'ai bien aimé pouvoir clouer, scier, limer, enfin, faire quelque chose de manuel, de physique. J'ai utilisé ma tête, mes bras, mes jambes... J'aime utiliser mes mains parce que je peux exprimer ce que j'ai envie de faire sans avoir à l'acheter ce qui me donne un sentiment de fierté de l'avoir fait moi-même.
J'ai bien aimé le faire à l'atelier parce que j'avais les outils nécessaires et qu'il y avait des gens qui pouvaient me donner des conseils et m'aider à la construction. L'atmosphère y est agréable car il y a plein d'enfants qui font des choses et ça donne envie de faire quelque chose soi-même aussi. On peut faire ce qu'on a envie de faire et pas ce qu'on nous dit de faire et ça qui me plaît. De plus on n'est pas obligé de travailler tout le temps sur le même projet. On peut s'atteler à autre chose puis revenir sur ce qu'on faisait précédemment. On a plus de liberté. Ca rend content d'avoir de la liberté. Quand on peut laisser un travail en plan avant de le reprendre, on a l'occasion d'y réfléchir avant de s'y remettre. Ca donne de meilleurs résultats. On peut aussi y travailler sans cesse jusqu'à ce que ce soit fini. Tout ça a été possible grâce à Guillaume qui m'a tout le temps aidé et conseillé.

(Photos à venir)

M. fréquente l'atelier depuis bientôt trois ans.
Il ne dessine pratiquement pas et joue la plupart du temps.
C'est quelque chose que j'accepte même s'il m'arrive, parfois, d'être rattrapée par les vieux schémas qui intiment l'ordre systématique, plus ou moins tacite, plus ou moins conscient de rentabiliser.
Rentabiliser le temps, l'argent dépensé, le déplacement, le fait de s'être levé...
La plupart des activités dites "pour enfants" ont cette idée derrière la tête : il faut que ce soit rentable, productif, que les parents en aient pour leur fric, qu'ils puissent s'enorgueillir.
Attente d'une production rendue, de fait, obligatoire, d'un résultat et pas n'importe lequel. Un résultat positif, valorisant pour l'enfant mais surtout pour les parents.
On n'est pas là pour prendre ou passer le temps, pour rêver, pour couver une création, pour être disponible à l'inspiration qui passe et qui ne vient pas sur commande, savourer une certaine immobilité, être simplement là, se sentir libre de se poser ou bon nous semble, de venir, de ne pas venir, de s'asseoir, de rester debout, de parler, de demeurer silencieux, d'être relié aux autres sans avoir à gesticuler pour le montrer, les écouter, les regarder et se laisser prendre, parfois, dans leur sillage. Non. On est là pour bosser, qui sa pièce de théâtre, qui sa compétition, son morceau de musique... Mais l'amour, la joie, la créativité ne peuvent pas fleurir sous la contrainte. On est pressé dans tous les sens du terme. Il y a des règles, des contraintes, des (op)pressions, des attentes, trop d'attentes.
L'atelier T.R.A.C.E.S , c'est autre chose.
C'est la vie.
Il n'y a pas d'attente.
Pas d'humiliations, pas de comparaisons, pas de compétitions, pas d'ordres, pas de dénigrement, pas de rétorsions.
On se sent libre.
Libre de créer ou pas, de venir ou pas, de parler ou pas, de participer ou pas, de se joindre aux autres ou pas.
On vient par plaisir, sans contrainte.
On vient parce qu'on s'y sent bien, parce que c'est vivant, chaleureux, respectueux, accueillant, joyeux, amical, parce qu'on sait qu'on y trouvera de l'aide, un espace, de l'écoute, de l'échange, du temps, de l'attention.
On vient parce qu'on y est aimé, parce qu'on se sent accepté tel que l'on est, parce qu'on ne cherche pas à nous changer, qu'on est pas pris en otage par des spécialistes qui savent mieux que nous, parce que le savoir circule, que les idées jaillissent, parce que c'est un champ de possibles, un terreau fertile.
Parce que les graines prometteuses que nous portons en nous sont arrosées et protégées et peu importe d'ailleurs qu'elles mettent des mois, des années à germer ou qu'elles restent à jamais en sommeil.
Parce qu'on s'appartient, qu'on part à sa rencontre et à celle des autres, à son rythme, à sa manière, selon ses moyens, parce qu'on peut régresser, se mettre à la cape, rentrer dans sa coquille pour mieux en ressortir, parce qu'on apprivoise ses fêlures intimes, parce que personne ne nous fait la leçon, parce qu'on peut expérimenter, tâtonner, explorer, découvrir, parce qu'on peut se servir de tous ses sens, parce qu'on s'émerveille de ce qui sort de nous, parce qu'on n'y pratique pas la ségrégation, la discrimination par l'âge. Petits, jeunes, moins jeunes, plus âgés. Tous mélangés, tous ensemble et tous émus les uns par les autres. Croisées des chemins, carrefours de tendresse.
Tout cela est si subtile.
Confiance. Celle que l'on donne, celle que l'on reçoit.
Absence de jugements, d'évaluation, de critiques.
J'ai appris à lâcher-prise, à me réjouir autant de voir Malo jouer que de le voir créer quand l'élan arrive. En lui faisant confiance, j'ai pris confiance en moi.
Il se passe tant de choses dans cet atelier.
Sur tous les plans.
C'est un lieu où tout semble possible et quand tout est possible, on cesse de traverser l'existence comme des morts-vivants.

Ici le témoignage d'un papa que nous voyons toutes les semaines : clic

6 février 2009

LES AIGLES NE PRENNENT PAS LES ESCALIERS

JE VEUX QUE MON ENFANT SOIT LIBRE
 
Tous voudraient que nos enfants soient de bons domestiques ou des animaux bien dressés ; l'école qu'on leur inflige est une des seules au monde où l'on veut toujours... que les enfants se taisent !
On se plaint des enfants qui font preuve d'originalité ou de personnalité. Ils rendraient la vie des groupes impossibles ; ils devraient changer mais, par contre, les institutions qui reçoivent les enfants, elles, sont exemptées du besoin de changer : au contraire, il conviendrait de les soutenir, de les refonder, de les faire tenir, fût-ce au prix d'un maximum de répression.
Les enfants n'ont pas le choix quant à la façon dont ils doivent apprendre ; ils doivent commencer par le "b"" puis le "b-a" et peut-être un jour le "ba." Ils doivent se contenter d'un savoir coupé en tranches et recevoir chacune d'elles dans un ordre et un rythme immuables que l'on ne changera pas.
S'ils posent trop de questions, l'on dira que c'est pour eux et on les renverra à ce que l'on prétend être leur travail. Et c'est quoi leur travail ? Produire des œuvres, des projets socialement et collectivement utiles, réaliser des performances ? Non, le travail qu'on leur donne (qu'on leur concède, devrait-on dire), est de répéter, de copier, recopier, encore et encore et accomplir des exercices les éloignant encore et encore de la tâche qu'ils sont censés préparer.
Quand les enfants veulent de la liberté ou de l'autonomie, on leur dit toujours qu'ils ne sont pas prêts à cela ; qu'ils doivent d'abord faire leur preuves, étudier par petits bouts, se faire évaluer.
Et on s'étonne qu'ils décrochent ? Le surprenant c'est plutôt qu'il y en ait encore qui accrochent ! Mais ceux-là doivent avoir des compensations du côté de leur famille.
Freinet a fait de la formule d'Hugo un véritable projet éducatif : "Les aigles ne prennent pas l'escalier."
Prenez les enfants au sérieux, donnez-leur du vrai travail, un travail de découverte et d'expression en lien avec leur vie, leur époque, leur environnement; Associez-les, donnez-leur des libertés et des responsabilités et vous verrez que c'est en les exerçants et en les pratiquant que l'on apprend vraiment.
Kant avait déjà dénoncé en son temps cette hypocrisie qui consiste à séparer l'étude de l'exercice. Il s'agit en fait d'une morale misérable du type : "Apprends déjà à écrire une phrase correctement plutôt que de prétendre écrire un poème."
Or c'est tout le contraire qui se passe dans la vie : l'on apprend à lire en lisant vraiment - et pas en disant "b-a- ba" - et l'on apprend à écrire en écrivant des choses de valeur parce qu'authentiques.
Les aigles ne prennent pas l'escalier. Pour qui prend-on nos enfants ? Ils en ont eu leur compte d'exercices et de consignes idiotes ; il est un peu temps de leur faire confiance.

Laurent Ott , Être parent c'est pas un métier ! Éditions Fabert, 2008, p.61

Suggestion de lecture pour ceux qui, ponctuellement ou chroniquement, auraient le moral en berne...
J'ai hâte de rencontrer l'auteur à la prochaine réunion du chantier de réflexion sur la pédagogie sociale auquel je suis conviée (par Sophie et Guillaume fondateurs de l'Atelier TRACES* ) à titre de parent d'enfants instruits en famille. Je ne sais pas encore ce que je vais pouvoir éventuellement apporter mais une chose est sûre, c'est que je découvre et apprends beaucoup !
Un lien très intéressant : Association Intermèdes
* Atelier que les enfants et moi fréquentons assidûment depuis bientôt trois ans.
 
Edit du 20/02:09
 
En allant plus loin dans le livre (p.77), je lis :
 
Devrions-nous nous substituer à ces institutions : déscolariser, faire du home-schooling ? Ce serait une grosse erreur selon moi : confusion des rôles et des places. Rien de bon ne me paraît pouvoir en sortir. 
 
Je vous laisse apprécier...
 
Je suis attristée par ce passage et je me demande à nouveau si j'ai réellement ma place dans ce chantier de réflexion sur la pédagogie sociale...
 Confusion des rôles ?!?
Mais qu'est-ce que ça signifie au juste ? 
Les parents éduquent leurs enfants.
Les éducateurs éduquent eux aussi. 
Alors ? 
Qu'elle est la différence ?
Confusion des rôles ?!?
L'enseignant ne laisse pas son affectivité à la porte de sa classe. Il n'est donc pas différent du parent. 
Alors, confusion des places ?!?
Non vraiment, j'aimerais qu'on m'explique ça clairement. 
Est-ce que ça n'a rien donné de bon pour toutes ces personnes instruites en famille ?
 
 
Et d'autres comme, par exemple, André Stern qui s'est exprimé à ce propos sur France 3 en septembre dernier (je donnerai le lien si je le retrouve). 
Je ne veux pas laisser entendre que tous les enfants instruits en famille atteindront des sommets, ce n'est pas le but, mais je souhaite seulement contredire l'hypothèse qu'il ne peut rien en sortir de bon.
 
Petit extrait de Une société sans école, Ivan Illich
10 février 2009

LES ATELIERS DU CLUB NATURE DU PARC FLORAL

Parce que le pouvoir d'achat n'est pas florissant, nous avons dû mettre la pédale douce sur notre participation aux sorties et ateliers proposés pa le groupe des non-sco.
Les ateliers sont chers, les transports aussi.
Goulven paye demi-tarif, Malo et moi plein pot.
Comme il n'est pas question de circuler en vélo ou en rollers pour le moment, il faut donc que le déplacement vaille le coup (en gros, que, d'une manière ou d'une autre, nous y trouvions tous notre compte) car à chaque fois, c'est la moitié d'un carnet de tickets de métro qui s'envole.
Nous exploitons au maximum les ressources de notre quartier afin de limiter les frais mais aussi la fatigue et le temps passé en déplacements.
Nous avons également découvert qu'il existent quantité d'activités gratuites au moins aussi intéressantes que d'autres plus coûteuses. Dans ces cas-là, les frais de déplacement sont largement amortis.
Une maman non-sco, qui surveille son budget elle aussi, nous a suggéré les Ateliers du Club Nature du Parc Floral (le programme 2008-2009 inscriptions au 01 71 28 50 56)
J'ai un petit peu triché sur l'âge de Goulven au moment de l'inscription, c'est passé comme une lettre à la poste.
L'animateur est adorable, les participants (peu nombreux) aussi.
Voilà notre cercle de relations qui s'agrandit à nouveau.
L'autre avantage, c'est que nous y participons tous les trois.
Encore un lieu où l'on ne pratique pas "l''agisme." Jeunes et moins jeunes découvrent, partagent, échangent, jouent et apprennent ensemble.

Nous avons découvert les conifères puis, quinze jours plus tard, les feuillus (reconnaître les feuillus par leurs bourgeons)

(photos à venir)

Sites intéressants :
botanique.org
arbonet.ekko
Un dossier sur les conifères sur le site de Futura-Environnement (grâce à ce billet, j'ai jeté un œil sur ce site dont je reçois la lettre de diffusion et découvre que c'est une mine d'infos)

12 février 2009

CONCERT GRATUIT À LA GRANDE GALERIE DE L'ÉVOLUTION

Baleines et contrebasse
Les 18, 19 et 20 février 2009

C'est l'histoire d'une rencontre : celle du chant mystérieux des baleines avec celui de la contrebasse. Jouant seul sur scène avec sa contrebasse centenaire et son archet, le musicien Bernard Abeille accompagne le voyage des baleines sur la planète bleue. Tour à tour grave et vibrant montant parfois vers des harmoniques aigus, ce chant ressemble étrangement à celui des baleines. Le musicien raconte la vie des baleines et comment la contrebasse est allée à la rencontre du plus gros mammifère du monde vivant. Il trace une ligne entre la musique et l'avenir de la planète bleue que les enfants sont invités à suivre à travers des jeux musicaux. Vient ensuite le film mis en musique en direct. Sans un mot, on est transporté dans un univers mystérieux ou un homme seul et une contrebasse vont aller à la rencontre des baleines.
Avec les images sous-marines de Christian Pétron (Le Grand Bleu).

Informations pratiques :
Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution.
À partir de 8 ans.
À 14h30 et 16h15, 50 minutes.
Gratuit.
Accessible aux enfants en situation handicap moteur.
Inscriptions sur place ou par téléphone le jour même :01 40 79 54 79/56 01

Source
(Et toujours la maman qui m'envoit des mails pour me faire partager les activités gratuites que ses enfants et elle ont appréciées.
Un grand merci !)
13 février 2009

DIALOGUE

Moi : Bonjour ma colère ! Comme tu vas aujourd'hui ?

Ma Colère : Je vais bien.

M : Est-ce que tu as envie de sortir ?

MC :  Non, pas du tout !

M : Pourquoi ?

MC : Tu t'es bien occupée de moi, tu ne m'as pas rejetée, tu m'as acceptée, écoutée, tu as parlé, agi. Je n'ai aucune raison de sortir.

M : Ca me fait plaisir ce que tu me dis. Avant, tu me faisais peur, je ne savais pas quoi faire de toi mais je commence à apprendre à prendre soin de toi.

MC : Tu apprends vite. Je ne suis pas ton ennemie.

M : Oui, je le découvre depuis peu. On m'avait interdit de te laisser sortir en me faisant croire que je ne serais pas digne d'être aimée si je m'occupais de toi et ça me faisait très peur.

MC : Ca devait être dur à vivre.

M : Oui, parce que je croyais que j'étais anormale.

MC : Je suis très utile pourtant.

M : Je m'en rends compte à présent mais il m'a fallait des années pour le découvrir et l'accepter.

MC : Je te détruisais à force de rester enfermée.

M : Je le ressentais seulement ça aurait dérangé beaucoup de monde que je m'occupe de toi alors j'ai occupé ma bouche avec de la nourriture et des cigarettes pour te barrer le passage.

MC : Ca a ruiné ta santé.

M : Oui, j'en paye le prix maintenant mais au moins, je ne fume plus, je ne souffre plus de boulimie et je te prends en charge dès que je t'entends arriver.

MC : Comme tu te sens depuis que tu m'accueilles ?

M : Bien, très bien, de mieux en mieux même si j'ai encore du mal à dire les choses calmement. Grâce à toi, je reprends ma place, je m'autorise à vivre, de mieux en mieux, c'est comme une renaissance. Tu m'as rendu un grand service.

MC : Je te l'ai dit, je ne suis pas ton ennemie mais ta sentinelle. Je donne l'alerte quant tu ne t'occupes pas de toi, quand tu laisses pourrir certaines situations au lieu d'agir, quand tu fais fausses route.

M : J'ai de la chance de t'avoir ! Tu m'obliges à apprendre, à agir, à ouvrir les yeux, à faire tomber les illusions les unes après les autres.

MC : Comment veux-tu vivre si tu dors tout le temps ? Pour vivre pleinement, il faut que tu soies en éveil, que tu veilles à ne te charger que de l'essentiel. Je t'aide à faire le tri !

(...)

MC : On arrête là pour aujourd'hui ?

M : Oui. On a encore beaucoup de choses à se dire mais le plus gros est fait. Continue à veiller sur moi.

MC : Toi aussi et n'oublie pas de m'écouter !

14 février 2009

PÉDAGOGIE SOCIALE

Comme je le disais dans mon précédent billet j'ai été conviée à me joindre au chantier de réflexion sur la pédagogie sociale.
J'y suis allée une première fois puis j'ai "séché" la deuxième réunion parce que j'avais le sentiment de n'avoir rien à apporter à ce groupe de professionnels.
Éducateurs, enseignants (pédagogie Freinet pour la quasi totalité , psychiatre, sociologues, réalisateur, artiste peinture, potière, éducateurs jeunes enfants en formation et moi, en tant que "rien du tout."
Pas de statut professionnel derrière lequel me retrancher, rien d'autre que le fait d'être une mère d'enfants instruits en famille.
J'assume la plupart du temps. Pas cette fois-là, rattrapée par l'idée, que je réfute pourtant, selon laquelle le diplôme est la condition nécessaire pour rendre notre discours, nos choix, légitimes !
Ce matin, pas question de me défiler. Après tout, si quelqu'un que j'estime, m'offre une place dans ce chantier, c'est qu'il y a une raison. Si je ne la vois pas, c'est l'occasion d'ouvrir les yeux.
Nul besoin d'être spécialiste pour s'intéresser à la pédagogie sociale.
Comme l'art, la réflexion est accessible à tous...
Non seulement j'y suis allée, mais je suis intervenue, j'ai écouté, échangé.
C'était passionnant !
La date de la prochaine rencontre est fixée.
Il sera question de créativité !
Je n'aurai pas trop d'un mois et demi pour laisser infuser tout ce qui s'est dit aujourd'hui mais j'ai quand même hâte de retrouver ce groupe.*
Même si en me présentant, j'ai dit que j'avais le sentiment d'être le vers dans la pomme, on m'a posé beaucoup de questions sur l'instruction en famille !

 * Je me souviens de mes années dans l'animation en réalisant brusquement combien j'aimais ça. J'ai peut-être bien terminé de cuver mes années de collectivité forcée.

Il paraît que le texte de Malo ainsi que le mien seront bientôt publiés là. À suivre...

13 mars 2009

COLÈRE

Quand j’aime une personne et qu’elle se met en colère, pourquoi sa colère est elle si intense ?

Q : quand j’aime une personne et qu’elle se met en colère, pourquoi sa colère est elle si intense ?

K : tout d’abord, aimez vous vraiment qui que ce soit ? Savez-vous ce qu’est l’amour ? C’est donner sans réserve votre esprit, votre cœur sans rien demander en retour, sans mendier l’amour. Vous comprenez ? Quand cet amour est là, y a-t-il place pour la colère ? Et pourquoi nous emportons nous quand nous aimons quelqu’un de ce prétendu amour ordinaire ? C’est parce que cette personne ne répond pas à nos attentes, n’est ce pas ? J’aime ma femme ou mon mari, mon fils ou ma fille, mais dès l’instant où ils font quelque chose de « mal » je me mets en colère. Pourquoi ? Pourquoi le père se met en colère contre son fils ou sa fille ? Parce qu’il veut que l’enfant soit – ou fasse – quelque chose, qu’il se plie à certains schémas, et l’enfant se rebelle. Les parents essaient de se réaliser, de s’immortaliser à travers leurs enfants, et quand l’enfant fait une chose qu’ils désapprouvent, ils entrent dans une violente colère. Ils ont un idéal quant à ce que l’enfant devrait être, et à travers cet idéal ils cherchent à se réaliser ; ils sont en colère quand l’enfant ne correspond pas au modèle qui les comblerait. Avez-vous remarqué à quel point parfois vous êtes en colère après un ami ? C’est le même processus qui a lieu…

Source

À lire et à relire mais pas seulement...

14 mars 2009

LES RÈGLES

Avoir ses périodes, ses ragnagnas, Reçu les courriers de Rome, J'ai les cardinales, J'ai mes isabelle, J'ai mes bénéfices, Avoir ses culottes, Avoir Jacques en journée, Avoir ses fleursAvoir sa semaine ketchup, Avoir les Anglais, Indisposée, payer son tribut à la lune, Ecraser ses tomates, Traverser la mer Rouge, Les Anglais débarquent (en 1862 ils portaient un uniforme rouge), Etre malade
 
Et vous, comment vous dites ?
 
Sujet tabou et pourtant... clic (La lune en moi, sur Arte + 7)
Merci à celle qui m'a envoyé le lien !
Le documentaire est encore visible en ligne jusqu'à ce soir.

Et pour celle qui sentent la moutarde leur monter au nez, un peu de lecture :
Le viol d'Europe ou le féminin bafoué
,
Et un autre lien : flagrants délices (faire l'amour quand les anglais débarquent)
 
Plus un de dernière minute : le sang des règles convoité
 
Edit du 19 mars
 
La femme en Inde :
Une fois encore, comme dans d'autres religions d'ailleurs, c'est la peur et la faiblesse des hommes qui asservissent à la base la femme sous le couvert de justifications religieuses. Par sa féminité, sa sexualité et sa maternité la femme demeure inacessible à l'homme qui lui nie donc le droit d'être ouvertement femme. Il est à ce titre tout à fait caractéristique et c'est paradoxal d'ailleurs, que les femmes soient maintenues hors du foyer lors de leurs règles et lors de l'accouchement, les deux moments par excellence où leur féminité s'exprime de façon physique.
14 mars 2009

MANDALA

Ce matin, j'ai vendu l'un de mes mandalas.
C'est une petite fille qui me l'a acheté.
Je voulais le lui offrir mais elle, elle voulait vraiment l'acheter.
Comme sa maman m'a demandé de la laisser faire, j'ai accepté.
Ce que cette petite fille ne sait pas, c'est que c'est en grande partie grâce à elle que j'en suis là.
Elle et bien d'autres personnes.
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, des parents sont venus me voir pour me poser des questions, me proposer de me mettre en contact avec telle ou telle personne.
Je commence à croire en mes rêves.
Ils ne sont pas encore tout à fait concrets mais qu'importe, quelque part, ils sont déjà réalisés.

Je me prépare des lendemains qui chantent.

 

Edit du 16 mars 2009

Première proposition d'échange de mandalas.
Je ne sais pas encore dans quel pays le mien partira mais je me réjouis à l'avance.
18 mars 2009

LE DÉBUT D'UN VOYAGE SE PASSE DANS LA TÊTE

Il m'aura fallu toutes ces années pour accepter le fait que lorsque je souhaite réaliser quelque chose, je ne dois pas attendre que toutes les conditions soient réunies pour agir mais au contraire, agir comme si c'était un fait acquis.
Je commence donc à préparer mon voyage en Inde en évitant soigneusement d'ériger mes doutes et quelques tracas logistiques en obstacles insurmontables.
À chaque problème sa solution car, finalement, les problèmes n'existent pas.
Il n'y a que des choses à admettre, accepter, régler, surmonter et bien sûr dépasser. 
Pourquoi l'Inde, et pourquoi depuis si longtemps ? 
Après tout, bon nombre de mes élans ont fini par s'user et disparaître.
Peut-être, mais pas celui-là. 
J'ai renoncé à comprendre pourquoi pour me concentrer sur ce à quoi j'ai accès.
Ne me demandez pas ce que je veux y faire, ni où je veux aller car je ne le sais pas moi-même. Si ce voyage commence dans la tête, je devine qu'il vise à me faire découvert ce que j'ai dans le ventre...

28 mars 2009

ÇA BOUGE

Hier, on m'a téléphoné pour me dire que nous étions invités à prendre le petit-déjeuner là-bas.
Il était question de s'investir pour améliorer la vie du quartier, de s'inspirer, éventuellement, des diverses actions des universités populaires de parents existant en Espagne, en Allemagne et autres pays européens, d'y travailler pendant deux ans et peut-être d'écrire un livre sur cette expérience.
Question de lutter aussi contre la recrudescence des cas de tuberculose, de formation à la communication non-violente.
Et puis, lorsque la conversation est un peu retombée, j'ai voulu montrer mes mandalas à une amie qui se trouvait là. Finalement, on a fait chauffer la photocopieuse et plusieurs personnes sont rentrées chez elles avec mes dessins sous le bras.
Samedi prochain, je n'y serai pas car il aura lieu la réunion du chantier de réflexion sur la pédagogie sociale dans un arrondissement voisin.
Je suis contente d'avoir trouvé tous ces gens sur ma route. 
En réalité, je ne les cherchais pas, ils y ont été mis pour une raison que je commence à peine à entrevoir.
Je crée des passerelles entre les différents groupes que je fréquente, mets les gens en relation. Je fais partie de ce tissu doux et coloré qui a décidé de faire un pied de nez à la crise toute grise, de se prendre en main sans attendre demain, sans attendre que l'état fasse un pas, puis deux, puis trois. De l'humain, il y en a. Du beau, du pur, du généreux avec un coeur gros comme ça.

4 avril 2009

LA VIE NE TENTE PLUS DE LA COMPRENDRE

La vie ne tente plus de la comprendre,
Elle sera pour toi, dès lors, 
comme une fête.
Les jours, accepte-les,
Comme un enfant reçoit du vent
Beaucoup de fleurs, chemin faisant.


De recueillir, d'amasser cette pluie
Ne lui viendrait pas à l'esprit.
De ses cheveux il les détache
avec douceur.
Où elles étaient tendrement prisonnières, 
Et à travers ces années jeunes et chères, 
Il tend les mains vers d'autres fleurs.

 
Rainer Maria Rilke

4 avril 2009

ÇA VA MAINTENANT

Il m'a dit, je suis encore un petit peu timide mais ça va maintenant.
Il s'est lancé : 
- tu veux être mon ami ?
Devant une telle évidence, l'autre n'a pas répondu.
J'ai vu mon enfant tellement heureux franchir, l'air de rien, un obstacle contre lequel il butait depuis longtemps.
À son rythme, à sa manière, à son heure.
Faire confiance, sans aucune réserve, protéger des éventuelles volontés de toujours vouloir tout bousculer, quantifier, normaliser, disséquer, suspecter et compter sur le temps comme sur le plus précieux des alliés.
Laisser la magie de la vie opérer sur un coeur grand ouvert.

17 avril 2009

LES VIEUX PÊCHEURS

On ne sait jamais comment les enfants attrapent, reçoivent, traitent ce qui se passe autour d'eux.
G. insiste pour que j'écoute ce qu'il a à me dire :
- tu sais, j'ai pensé inventer une sorte de truc avec une flèche...
Et de m'expliquer en détail la conception de son engin qui semble être une sorte de harpon.
Il me dit : 
- c'est pour aider les pêcheurs
Il a entendu qu'il y avait eu des manifs dans le Nord pas de Calais.
Et quand je lui réponds qu'en aidant les pêcheurs, les poissons passeront un sale quart d'heure, il précise : 
- oui mais c'est pour aider les vieux pêcheurs.
Il est reparti jouer avec un air songeur.
Pas facile d'aider...

26 avril 2009

L'AMOUR PASSE

Je farfouillais dans mon blog comme on farfouille dans ses souvenirs après un événement traumatisant.
À chaque page qui se tourne, son silence immense, son paradis blanc.
Les voix se sont tues, le temps suspend son vol et l'on regarde les petites choses qui ont fait sa vie.
Pourquoi le livre d'or et pourquoi aujourd'hui et surtout, surtout, comment est-ce que j'ai pu passer à côté de ce petit mot ?
Celle qui a inauguré le livre d'or m'a écrit des mots touchants que j'ai dû lire à la hâte puis, dérangée, j'ai remis la réponse à plus tard.
Peut-être parce qu'à cette époque, j'avais le cerveau grillé par le manque de sommeil, ou parce que je marchais à côté de mes pompes et parce que... parce que rien. À quoi bon trouver des excuses ou des explications ? 
J'ai manqué d'attention. J'ai oublié l'instant présent. J'ai remis à plus tard, à trop tard.
À aujourd'hui.
Plus de trois ans se sont écoulés.
La belle a rejoint le paradis blanc. 
Je ne lui pas dit merci. 
J'ai oublié, pressée par les cris, par une vie désordonnée et pas un mot pour elle. Un petit mot, quelques secondes. J'aurais dû les arracher, je ne l'ai pas fait. 
Elle a quitté ce monde, comme ma chère voisine.
J'apprends à ne plus remettre à demain, à répondre présent à l'amour qui passe.
Les anges vont et viennent, en toute discrétion. Si on ne prend pas le temps d'ouvrir les yeux, on ne les voit pas.
Marielle , chère inconnue, je t'envoie tout mon amour.
Il est trop tard pour les mots mais pour le canal que j'utilise aujourd'hui, je gage que mon message te parvient en simultané.

9 juillet 2009

AVOIR L'AIR, FAIRE SEMBLANT

Extrait de l'article publié dans le journal Le Monde du 06 juillet 2009 intitulé
Le ministère sanctionne les enseignants qui n'appliquent pas les réformes :

Pour Philippe Meirieu, professeur des universités et figure emblématique du courant pédagogique, les sanctions étaient inéluctables : "A partir du moment où vous vous qualifiez de désobéisseur, une formulation assez maladroite, l'institution ne peut pas ne pas réagir. D'autant que les enseignants ont pour fonction symbolique de faire obéir leurs propres élèves."

L'école, ou/où, conjuguer à tous les temps, à toutes les personnes le verbe obéir... En d'autres temps, des fonctionnaires ont désobéi et ont été décoré pour l'avoir fait.

Et quand je lis, toujours extrait du même article

Reste que l'institution fait face à une forme inédite de contestation. "Le système éducatif s'est fait une spécialité de l'ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Elles meurent à petit feu dans l'indifférence générale. Là, je suis admiratif de leur franchise : en revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l'usage de ne pas faire et de n'en rien dire. Mais ils vont le payer", explique encore M. Meirieu.

Manifestement, le plus grave n'est pas de désobéir mais de le faire au grand jour. La leçon semble être : sauver les apparences, servir la soupe, montrer à l'autre ce qu'il veut voir, dire ce qu'il veut entendre. Personne n'est dupe mais le respect de l'ordre établi est sauf, pour notre bien à tous, sans doute.

Par moment, je sens mes enfants plonger plus profondément dans leurs jeux, leurs rires, leurs rêveries comme pour oublier ce qui les attend, pendant que de mon côté, je me demande comment leur expliquer combien il est difficile de demeurer intègre, aimant, joyeux, dans un monde qui veut nous faire tous marcher à la baguette. Si j'avais su à l'époque, si j'avais eu une conscience différente, j'aurais fait un choix différent...

31 juillet 2009

FOUS L'CAMP

L'homme qui me trouve insolite ne viendra plus à l'atelier lecture.
Ca ne m'étonne pas d'ailleurs, bientôt, je n'irai plus moi non plus, par manque de temps, d'envie.
Trop scolaire.
Trop plein de bonnes intentions. 
Trop dirigé.
Je ne juge pas, simplement, ce n'est pas pour moi.
Alors, je verrai l'homme ailleurs.
Il a beaucoup voyagé.
Les voyageurs ont une manière d'être que je reçois cinq sur cinq. 
Il fume des brunes, trimballe de quoi prendre des notes et tout un petit bazar qu'il trimballe dans la même pochette en plastique que cet autre.
Il m'y fait penser.
Ca me pince le coeur.
En même temps, j'ai la sensation d'avoir retrouvé ma maison. 
Enfin quelqu'un qui comprend ce que je dis, ce que je raconte, quand il m'en laisse la place.
Il parle beaucoup. 
Je l'écoute. 
Il aime ça.
Ca m'arrange.
Avec les années, j'aurais presque envie de faire voeu de silence.
Il me lance :
- c'est ta vie, je n'ai pas à te dire ce que tu dois faire, mais quand même. Fous l'camp.
Savez-vous ce qu'il voulait me dire ? 
Le savez-vous ? 
Je me demande si ça vous parle comme ça me parle.
En rentrant chez moi, je l'entendais encore me dire :
- tu sais, moi je suis le genre de bonhomme à aller chercher des cigarettes et à ne pas revenir.
Il l'a fait.
Fous l'camp.
Faudrait pas qu'il me le répète trop souvent. 
En rentrant chez moi, je regardais les rayons rasants d'un soleil mourant avec, en tête, les mots de celui-là .
Pour être bien dans sa vie, il faut être à sa place. 
Mais bon sang, où elle est ma place ?!?
Mais qu'est-ce que j'fous là ?
Je me suis trompée de vie, trompée de tout.
Ou peut-être que les pages qui ont du mal à se tourner sont une invitation à accepter que ma place est là où j'ai toujours eu peur de regarder, un ticket pour fout'e l'camp.
En attendant, je rêve, il me raconte la Havane, je compte les années que j'ai, peut-être, devant moi, il compte celles qui sont derrière lui. On en a des choses à se dire.
C'est apaisant la compagnie de quelqu'un d'aussi différent que soi. 
Ca repose.

11 août 2009

PASSER À AUTRE CHOSE

Je prends trop de raccourcis, oubliant que les gens auxquels je pense ne perçoivent pas les conversations que je tiens régulièrement avec eux. Ils l'ignorent alors, dans leur ignorance, ils me blessent. Ce n'est pas vrai mais je l'oublie sans cesse alors par réaction, je coupe les liens. En tout cas, je fais semblant. C'est ma façon, stupide, contradictoire et maladroite de leur dire eh, j'aimerais tant de voir, j'aimerais tant que tu me parles vraiment, pas que tu me parles de la pluie et du beau temps, non, que tu me parles. C'est quand même pas dur à comprendre ça ! Si ?
Alors que je voudrais tant de te parler moi aussi, je m'enfonce dans le silence, dans l'idée que je n'ai rien à offrir, et puis d'abord pour qui je me prends ?
Silence radio, d'urgence. Mise à la cape. Tous aux abris. Fermer les écoutilles.
C'est là que les conversations battent leur plein.
Et puis, un beau jour, je me dis, merde, je n'ai pas de réponse.On brasse du vent. Le malaise s'installe, le silence aussi, je saute des étapes, j'oublie d'expliquer et clac.
Terminé. 
À quoi bon ? Hein ? À quoi bon faire comme si de rien était ?
Les larmes versées ce jour là, c'était pas à cause de moi, ça n'avait rien à voir. 
Je me suis trompée.
À quoi bon ? Hein ? À quoi bon faire comme si de rien était ?
Les larmes versées ce jour là, c'était pas à cause de moi, ça n'avait rien à voir. 
Je me suis trompée. 
Je me sens trahie, abandonnée, bête.
Il aurait mieux valu que je m'asseye lourdement sur mes émotions, que je regarde ailleurs. 
Les larmes, c'était sûrement la fatigue, une poussière dans l'oeil. 
Que chui bête alors.
C'est pas un petit fini le p'tit cinéma ? 
Tu comprends rien ma pauvre. 
Rien, 
Tu interprètes, tu vois de l'amour là il n'y en a pas. 
Tu colles ton vernis cramoisi sur tout ce qui bouge.
Ca finit toujours par se craqueler laissant apparaître quelque chose de bien moins joli dessus. 
Il paraît que si on gratte encore, on retrouve la couleur d'origine.
Je me contente de le garder en tête, je regarde ma peine en face, sans comprendre pourquoi elle m'assaille et ne me lâche pas. Elle est là, gardant ses raisons pour elle. J'aimerais en tirer parti mais l'inspiration s'est fait la malle. Soupirs. Ca passera. Ca passe toujours. On est des milliards sur Terre, alors, qu'est-ce que ça peut bien faire ?
Clac. 
P... qu'est-ce que j'ai fait ? 
Rien, mais rien, tu n'as rien fait. Tu sais bien que c'est du théâtre, c'est du cinéma tout ça. On le sait bien, un curieux tour de manège* alors, à quoi bon s'attarder ? 
Allé, rigole, ça passera. Et puis, il y a tous les autres qui sont là eux, qui attendent.
C'est difficile de regarder ce qui est et pas ce qu'on voudrait qui soit.

* La vie, c'est comme un tour de manège dans un parc d'attraction.
On continue l'aventure en se disant que c'est réel car notre esprit détient ce pouvoir.
Et le manège va vers le haut, vers le bas. 
Il fait des tours et des détours.
Ca donne des palpitations et des frissons et les couleurs sont très vives.
C'est bruyant et marrant pendant un moment.
Certains ont pris le manège depuis très longtemps et ils commencent à se poser la question.
C'était réel ou c'est seulement un tour de manège ?
D'autres personnes se rappellent et reviennent pour nous dire :
- Ne t'en fais pas, n'aie pas peur, jamais, car c'est juste un tour de manège.
Et ces personnes se font tuer.
- Faites-le taire. J'ai énormément investi dans ce manège. Faites-le taire.
Regarde mes centres d'intérêt, vise un peu mon compte en banque et ma famille.
Il faut que ça ait l'air vrai.
C'est qu'un tour de manège.
Mais on finit toujours par tuer ces bons gars qui essaient de nous le dire, vous avez remarqué ?
On se laisse envahir par nos démons.
Mais quelle importance puisque ce n'est qu'un tour de manège et qu'on peut le changer à tout moment ?
C'est une question de choix.Sans effort, sans travail, sans emploi, sans économie ni argent.
C'est juste un choix, là, maintenant entre la peur et l'amour.
Bill Hicks

 

Alors voilà, l'explication est là. La peur d'être abandonnée fait qu'insensiblement, je m'éloigne lentement, inexorablement des personnes que j'aime et qu'elles font de même.

Maintenant que tout est dit, tutti va bene ou l'art de le dire sans le dire.

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