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mamansursaplanete

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11 août 2009

QUAND TOUTES LES CONNEXIONS S'ÉTABLISSENT

Depuis le temps que j'en rêvais.
Je serai bientôt en formation (Patricia Dessoule).

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11 août 2009

PASSER À AUTRE CHOSE

Je prends trop de raccourcis, oubliant que les gens auxquels je pense ne perçoivent pas les conversations que je tiens régulièrement avec eux. Ils l'ignorent alors, dans leur ignorance, ils me blessent. Ce n'est pas vrai mais je l'oublie sans cesse alors par réaction, je coupe les liens. En tout cas, je fais semblant. C'est ma façon, stupide, contradictoire et maladroite de leur dire eh, j'aimerais tant de voir, j'aimerais tant que tu me parles vraiment, pas que tu me parles de la pluie et du beau temps, non, que tu me parles. C'est quand même pas dur à comprendre ça ! Si ?
Alors que je voudrais tant de te parler moi aussi, je m'enfonce dans le silence, dans l'idée que je n'ai rien à offrir, et puis d'abord pour qui je me prends ?
Silence radio, d'urgence. Mise à la cape. Tous aux abris. Fermer les écoutilles.
C'est là que les conversations battent leur plein.
Et puis, un beau jour, je me dis, merde, je n'ai pas de réponse.On brasse du vent. Le malaise s'installe, le silence aussi, je saute des étapes, j'oublie d'expliquer et clac.
Terminé. 
À quoi bon ? Hein ? À quoi bon faire comme si de rien était ?
Les larmes versées ce jour là, c'était pas à cause de moi, ça n'avait rien à voir. 
Je me suis trompée.
À quoi bon ? Hein ? À quoi bon faire comme si de rien était ?
Les larmes versées ce jour là, c'était pas à cause de moi, ça n'avait rien à voir. 
Je me suis trompée. 
Je me sens trahie, abandonnée, bête.
Il aurait mieux valu que je m'asseye lourdement sur mes émotions, que je regarde ailleurs. 
Les larmes, c'était sûrement la fatigue, une poussière dans l'oeil. 
Que chui bête alors.
C'est pas un petit fini le p'tit cinéma ? 
Tu comprends rien ma pauvre. 
Rien, 
Tu interprètes, tu vois de l'amour là il n'y en a pas. 
Tu colles ton vernis cramoisi sur tout ce qui bouge.
Ca finit toujours par se craqueler laissant apparaître quelque chose de bien moins joli dessus. 
Il paraît que si on gratte encore, on retrouve la couleur d'origine.
Je me contente de le garder en tête, je regarde ma peine en face, sans comprendre pourquoi elle m'assaille et ne me lâche pas. Elle est là, gardant ses raisons pour elle. J'aimerais en tirer parti mais l'inspiration s'est fait la malle. Soupirs. Ca passera. Ca passe toujours. On est des milliards sur Terre, alors, qu'est-ce que ça peut bien faire ?
Clac. 
P... qu'est-ce que j'ai fait ? 
Rien, mais rien, tu n'as rien fait. Tu sais bien que c'est du théâtre, c'est du cinéma tout ça. On le sait bien, un curieux tour de manège* alors, à quoi bon s'attarder ? 
Allé, rigole, ça passera. Et puis, il y a tous les autres qui sont là eux, qui attendent.
C'est difficile de regarder ce qui est et pas ce qu'on voudrait qui soit.

* La vie, c'est comme un tour de manège dans un parc d'attraction.
On continue l'aventure en se disant que c'est réel car notre esprit détient ce pouvoir.
Et le manège va vers le haut, vers le bas. 
Il fait des tours et des détours.
Ca donne des palpitations et des frissons et les couleurs sont très vives.
C'est bruyant et marrant pendant un moment.
Certains ont pris le manège depuis très longtemps et ils commencent à se poser la question.
C'était réel ou c'est seulement un tour de manège ?
D'autres personnes se rappellent et reviennent pour nous dire :
- Ne t'en fais pas, n'aie pas peur, jamais, car c'est juste un tour de manège.
Et ces personnes se font tuer.
- Faites-le taire. J'ai énormément investi dans ce manège. Faites-le taire.
Regarde mes centres d'intérêt, vise un peu mon compte en banque et ma famille.
Il faut que ça ait l'air vrai.
C'est qu'un tour de manège.
Mais on finit toujours par tuer ces bons gars qui essaient de nous le dire, vous avez remarqué ?
On se laisse envahir par nos démons.
Mais quelle importance puisque ce n'est qu'un tour de manège et qu'on peut le changer à tout moment ?
C'est une question de choix.Sans effort, sans travail, sans emploi, sans économie ni argent.
C'est juste un choix, là, maintenant entre la peur et l'amour.
Bill Hicks

 

Alors voilà, l'explication est là. La peur d'être abandonnée fait qu'insensiblement, je m'éloigne lentement, inexorablement des personnes que j'aime et qu'elles font de même.

Maintenant que tout est dit, tutti va bene ou l'art de le dire sans le dire.

10 août 2009

L'INCONNUE DU PARC

J'évoque cette inconnue venue s'assoir sur le banc sur lequel je m'étais posée un an plus tôt, trop occupée à pleurer pour la saluer.
Elle m'avait offert son épaule puis, un peu plus tard, après s'être installée sur l'herbe ensoleillée, son fromage fermenté et son pain, me couvant du regard comme un couve son propre enfant.
J'avais le coeur lourd, ce jour-là et les douze mois qui ont suivi.
À l'instant où je commence à raconter ce souvenir à l'homme qui m'accompagne aujourd'hui je crois rêver.
L'inconnue est là, elle s'avance sur le chemin, s'installe sur notre banc.
Nous nous regardons, de loin.
Cette fois, c'est moi qui lui offre à manger.
La barrière de la langue n'est pas tombée mais nous nous sommes reconnues, retrouvées, comprises.
C'était tellement troublant cette synchronie...

9 août 2009

L'INCONNUE DU PARC

J'évoque cette inconnue venue s'assoir sur le banc sur lequel je m'étais posée un an plus tôt, trop occupée à pleurer pour la saluer.
Elle m'avait offert son épaule puis, un peu plus tard, après s'être installée sur l'herbe ensoleillée, son fromage fermenté et son pain, me couvant du regard comme un couve son propre enfant.
J'avais le coeur lourd, ce jour-là et les douze mois qui ont suivi.
À l'instant où je commence à raconter ce souvenir à l'homme qui m'accompagne aujourd'hui je crois rêver.
L'inconnue est là, elle s'avance sur le chemin, s'installe sur notre banc.
Nous nous regardons, de loin.
Cette fois, c'est moi qui lui offre à manger.
La barrière de la langue n'est pas tombée mais nous nous sommes reconnues, retrouvées, comprises.
C'était tellement troublant cette synchronie...

6 août 2009

ÉCOUTER

L'homme,(celui-là oui) m'a ouvert sa porte en me disant, bienvenue, exempt de toute attitude conventionnelle, à l'aise comme on l'est quand on reçoit une vieille amie.
J'étais heureuse d'être là, de n'avoir pas céder à ma chère habitude de jouer les arlésiennes quand il flotte dans l'air cette chose qui nous fait tous tomber à genoux.
Il a beaucoup parlé mais c'était si imagé, si vivant que pas une minute je ne me suis ennuyée.
Je n'ai même pas cherché à en placer une.
La plupart du temps, ce que nous appelons conversation n'est rien d'autre que des monologues qui s'interrompent à tour de rôle. C'est très rare une conversation véritable, je ne sais même si j'en ai tenu une un jour.
Je m'attendais à son monologue, c'était même un parti pris.
Je n'y allais pas pour attendre patiemment un peu de silence à briser. J'y allais pour l'écouter, pour goûter cette simple présence et découvrir son paysage intérieur.
En tout début d'après-midi, il s'est mis aux fourneaux pour bricoler un petit truc à manger.
En rentrant, j'ai pensé que si ça ne me coûtait rien non seulement de me taire mais de l'écouter attentivement quand c'est si difficile avec d'autres, c'est que peut-être nous nous comprenons bien au-delà des mots, que nous nous sommes reconnus et que par conséquent, il n'y a aucun besoin de dire ceci ou cela pour tenter d'établir une connexion.

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6 août 2009

BRICOLAGE D'ÉTÉ

M.

31 juillet 2009

FOUS L'CAMP

L'homme qui me trouve insolite ne viendra plus à l'atelier lecture.
Ca ne m'étonne pas d'ailleurs, bientôt, je n'irai plus moi non plus, par manque de temps, d'envie.
Trop scolaire.
Trop plein de bonnes intentions. 
Trop dirigé.
Je ne juge pas, simplement, ce n'est pas pour moi.
Alors, je verrai l'homme ailleurs.
Il a beaucoup voyagé.
Les voyageurs ont une manière d'être que je reçois cinq sur cinq. 
Il fume des brunes, trimballe de quoi prendre des notes et tout un petit bazar qu'il trimballe dans la même pochette en plastique que cet autre.
Il m'y fait penser.
Ca me pince le coeur.
En même temps, j'ai la sensation d'avoir retrouvé ma maison. 
Enfin quelqu'un qui comprend ce que je dis, ce que je raconte, quand il m'en laisse la place.
Il parle beaucoup. 
Je l'écoute. 
Il aime ça.
Ca m'arrange.
Avec les années, j'aurais presque envie de faire voeu de silence.
Il me lance :
- c'est ta vie, je n'ai pas à te dire ce que tu dois faire, mais quand même. Fous l'camp.
Savez-vous ce qu'il voulait me dire ? 
Le savez-vous ? 
Je me demande si ça vous parle comme ça me parle.
En rentrant chez moi, je l'entendais encore me dire :
- tu sais, moi je suis le genre de bonhomme à aller chercher des cigarettes et à ne pas revenir.
Il l'a fait.
Fous l'camp.
Faudrait pas qu'il me le répète trop souvent. 
En rentrant chez moi, je regardais les rayons rasants d'un soleil mourant avec, en tête, les mots de celui-là .
Pour être bien dans sa vie, il faut être à sa place. 
Mais bon sang, où elle est ma place ?!?
Mais qu'est-ce que j'fous là ?
Je me suis trompée de vie, trompée de tout.
Ou peut-être que les pages qui ont du mal à se tourner sont une invitation à accepter que ma place est là où j'ai toujours eu peur de regarder, un ticket pour fout'e l'camp.
En attendant, je rêve, il me raconte la Havane, je compte les années que j'ai, peut-être, devant moi, il compte celles qui sont derrière lui. On en a des choses à se dire.
C'est apaisant la compagnie de quelqu'un d'aussi différent que soi. 
Ca repose.

29 juillet 2009

L'ÉCOLE DE LA VIE

11 juillet 2009

VOUS ÊTES...

Hier soir, un homme, rencontré à l'atelier lecture, vient me saluer.
Il rajoute :
- il faut absolument que nous discutions. Vous êtes...

(Dans ma tête, ça défile. Heu, bizarre, à la masse, provocatrice, bête ?!? La veille, alors que chacun se plaisait à dire que tel livre était un chef-d'oeuvre, tel auteur, un génie, combien il était merveilleux de lire, que c'était une fantastique évasion blablabla, j'ai eu le toupet de dire que j'aimais moins les romans qu'avant, que j'avais remis tout ça à ce qui me semblait être une place plus juste, que cette sacralisation n'avait aucun sens pour moi et que je n'avais strictement aucune envie de m'évader mais, au contraire, de vivre chaque instant, agréable ou pas, de regarder la vie en face plutôt que de faire la morte en attendant que ça passe ou de détourner le regard ce qui occupait presque tout mon temps, blablabla...
Silence dans l'assemblée. La pauvre, elle n'aime plus les livres mais ça va lui passer, c'est tellement merveilleux. Un instant, je me suis sentie dans la peau d'une personne atteinte d'un mal incurable.
Personne n'a pu me "soigner" malgré moi et comme on tentait de me ramener à la raison, que l'on me parlait doucement, comme à une enfant, j'ai remercié, en informant que je le vivais très bien (éclats de rire dans l'assemblée), que  je n'étais pas du style à faire où on me dit de faire et que j'étais encore capable de prendre un bouquin sans prescription préalable si l'envie me prenait).

Donc, l'homme me dit :
- il faut absolument que nous discutions vous êtes...
insolite !
J'aime ça.

Ca m'a fait sourire...

9 juillet 2009

AVOIR L'AIR, FAIRE SEMBLANT

Extrait de l'article publié dans le journal Le Monde du 06 juillet 2009 intitulé
Le ministère sanctionne les enseignants qui n'appliquent pas les réformes :

Pour Philippe Meirieu, professeur des universités et figure emblématique du courant pédagogique, les sanctions étaient inéluctables : "A partir du moment où vous vous qualifiez de désobéisseur, une formulation assez maladroite, l'institution ne peut pas ne pas réagir. D'autant que les enseignants ont pour fonction symbolique de faire obéir leurs propres élèves."

L'école, ou/où, conjuguer à tous les temps, à toutes les personnes le verbe obéir... En d'autres temps, des fonctionnaires ont désobéi et ont été décoré pour l'avoir fait.

Et quand je lis, toujours extrait du même article

Reste que l'institution fait face à une forme inédite de contestation. "Le système éducatif s'est fait une spécialité de l'ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Elles meurent à petit feu dans l'indifférence générale. Là, je suis admiratif de leur franchise : en revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l'usage de ne pas faire et de n'en rien dire. Mais ils vont le payer", explique encore M. Meirieu.

Manifestement, le plus grave n'est pas de désobéir mais de le faire au grand jour. La leçon semble être : sauver les apparences, servir la soupe, montrer à l'autre ce qu'il veut voir, dire ce qu'il veut entendre. Personne n'est dupe mais le respect de l'ordre établi est sauf, pour notre bien à tous, sans doute.

Par moment, je sens mes enfants plonger plus profondément dans leurs jeux, leurs rires, leurs rêveries comme pour oublier ce qui les attend, pendant que de mon côté, je me demande comment leur expliquer combien il est difficile de demeurer intègre, aimant, joyeux, dans un monde qui veut nous faire tous marcher à la baguette. Si j'avais su à l'époque, si j'avais eu une conscience différente, j'aurais fait un choix différent...

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