Si vous saviez comme c'est inutile et épuisant de résister.
Toute ma vie j'ai dit non !
À moi-même, à tout, à tous, plus ou moins consciemment, à chaque instant, en tous lieux et en toutes circonstances.
Et plus je résistais, plus je devais résister.
C'était parfait, puisque la vie est une lutte.
Mais alors, si c'est une lutte, on est en guerre ?!?
Et si on est on est guerre, y'a pas d'amour ?!?
Et s'il n'y a pas d'amour, c'est qu'on est mort ?!?
Mais si on est mort...
Mais comment ça ?!?
Alors, je suis morte ou vivante ?
Le merveilleux hasard m'a vue me débattre, pester, hurler, tempêter et questionner sans relâche.
Où, quand, comment, pourquoi, mais pourquoi ?
Epuisant.
C'est ce qui m'a sauvée.
Quand je n'ai plus eu la force de résister, de lutter, de chercher, ça a commencé à s'éclaircir...
Il n'y a rien à faire ou à ne pas faire, rien à dire ou à ne pas dire, rien à vouloir ou à ne pas vouloir, rien à arracher, rien.
Repos.
Rien.
Rien d'autre qu'à se laisser traverser, qu'à devenir la chose elle-même, qu'à observer, qu'à être le dedans et le dehors.
Quel jeu merveilleux en fin de compte.
Faire l'expérience du désespoir, des grands vertiges terrifiants, à la mesure des espoirs, des joies et découvrir, qu'on est ce qu'on est, rien de plus, rien de moins. Apercevoir la possibilité de ne plus être gouverné par le jugement, la mémoire, la projection.
Tu vois que c'est drôle. On joue ?
- si tu veux.
- C'est laid.
- Ok, en as-tu la preuve ?
- Non.
- C'est beau.
- Ok, en as-tu la preuve ?
- Non plus.
- Je suis nulle.
- Ok, est-ce, vrai, en as-tu la preuve ?
- Non.
- Qui serais-tu sans cette pensée.
- La même avec la souffrance en moins.
- Ah.
Mais alors, qui te blesse ? Les autres ou tes pensées ?
- Mes pensées.
- Et qui les dirige ?
- Moi.
- Mais alors, il n'y a plus personne à incriminer ? Même pas toi ?
- Non.
- Mais alors, il n'y a plus de disputes, plus de guerres ?
- Non.
- Mais, s'il n'y a plus de guerre, il n'y a plus de peur ?
- Non.
- Mais alors, s'il n'y a plus tout ça, qu'est-ce qui reste ?
- L'amour.
- Ah. Et où il est tout cet amour ?
- Bonne question.
- Tu ne me réponds pas ?
- Non, si je le faisais, tu ne me croirais pas. A toi de faire la route, ou plutôt de t'assoir et d'écouter...
- Qui ?
- Arrête avec tes questions, tu connais déjà la réponse.
Tu as vu, tous ces non ? C'est un peu comme s'il y avait deux sortes de non, celui qui désigne l'absence et celui qui désigne le refus.
Enfin, tout ça pour dire qu'en cessant de dire non, de croire qu'on doit ou que l'on a à choisir, à désirer, à supporter, la vie devient légère, légère... Depuis que j'ai cessé de résister, je reçois mille invitations par jour. Ca dit : salue, je te propose un jeu. Le jeu des expériences, du rêve. Il va t'arriver toutes sortes de choses que tu trouveras agréables, désagréables, intéressantes, énervantes etc. et toi, tu pourras regarder chaque situation sous tous les angles, apprendre, comprendre, tu saisis ? Tu vas voir, c'est passionnant. Ce n'est pas vrai tout ça, mais ce sont des propositions non déclinables. Si je t'envoies une année de chômage, tu ne peux pas me dire, non merci. Il est impossible de refuser les cadeaux de la vie. La difficulté, c'est de voir, de voir au-delà, de voir ce qui est et non pas ce que tu crois voir. À chaque fois que tu progresses, tu vas découvrir de nouveaux éléments qui t'avaient échappé la première fois. Car, tu vas vite t'apercevoir, qu'on ne voit que ce que l'on connaît. Il est sympa mon jeu, non ? Ca s'appelle le jeu de la Vie ? Alors, tu joues ? Heu... Ahhahaha, ne cherche pas la réponse, tu dois jouer. Allé, fais-moi confiance, il ne t'arrivera jamais rien de grave. Alors, voyons si tu es attentif. On joue ?