TEST #9

Pour une femme sauvage qui ne saura pas que je pense à elle dans ces heures douloureuses...
Vous commencerez par rire parce que l'orateur a beaucoup d'humour, puis, vous toucherez du doigt la triste réalité du moment. Je dis du moment car j'ai le fol espoir que les choses changent. Il y a longtemps que j'ai compris qu'il n'y a rien à attendre de l'extérieur, que le changement se produit quand on le décide, à une toute petite échelle et sur sa propre personne. L'entourage le perçoit sans se braquer parce qu'il se fait de manière imperceptible. Cela paraît si anodin que personne ne s'en rend compte jusqu'au jour où l'on s'écrit oh, qu'est-ce qu'il ou elle a changé...
Sir Ken Robison nous expose d'une manière amusante et profonde la nécessité de créer un système éducatif qui favorise (plutôt que rabaisse) la créativité.
Si vous n'êtes pas prêt à vous tromper, vous ne sortirez jamais rien d'original.






Il y a si longtemps que je n'ai rien consigné et pourtant, mon regard change et je réalise à quel point il est presque impossible de dresser une liste de tout ce qu'on peut aimer dans une journée.
Jamais je n'ai trouvé la vie aussi belle.
Ce matin par exemple, après un rêve incroyable, c'était l'étonnement et la gratitude d'avoir une nouvelle journée à vivre.
On se réveille jour après jour comme si c'était un dû.
Mais on ne sait jamais pour combien de temps on est là.
Un jour on vit le lendemain, on n'est plus de ce monde.
On le lit, on le comprend, mais réellement vivre chaque jour comme si c'était le dernier, c'est tellement extraordinaire.
Comme tout le monde, j'oublie mais de temps en temps, je me rappelle que je ne serai pas toujours là et c'est l'émerveillement à chaque fois.
Alors, même si la journée n'est pas terminée, aujourd'hui j'ai aimé, une chose aussi simple que me réveiller.
Je me rappelle vous avoir dit que j'allais jeter mes cours d'infirmière.
C'est fait, en partie.
Sans trop savoir pourquoi, j'ai flanché en cours de route.
Puis, il y a deux mois, j'en ai jeté une autre partie.
Pourtant, le plus gros est encore là.
Plus pour longtemps.
Qu'en ai-je dit à l'époque ?
Je ne sais plus.
Ces trois années de formation ont été une torture pour moi parce qu'elles étaient infantilisantes, parce qu'elles reposaient sur une série d'injonctions paradoxales, parce que ceci et cela.
Je ne sais pas si j'ai évoqué la véritable raison de mon départ subit.
C'était la violence.
La violence ordinaire à laquelle j'assistais, impuissante (autant dire qu'une élève ne pèse pas bien lourd et n'a pas d'autre droit que de se conformer à ce qu'on attend d'elle si elle espère avoir une note correcte, se taire, éviter de regarder les choses un peu trop en face) stage après stage, année après année.
Ce qui est décrit là, je l'ai vu de mes propres yeux et d'autres pires ou du même acabit.
Jusqu'à aujourd'hui, je me contentais d'évoquer la peur d'avoir la vie des gens entre mes mains mais finalement, je crois que ce qui m'a réellement fait fuir, c'était la violence de l'institution.
D'ailleurs, à ce stade de ma vie, j'ai compris qu'il n'est pas une seule institution qui ne soit pas violente et j'en tire les conclusions qui s'imposent. Conclusions très personnelles, j'en conviens mais je m'offre ce luxe.
Non seulement j'assistais à cette violence mais je la subissais moi aussi.
De plus, j'ai très vite, j'ai compris que jamais plus je ne pourrais être à l'écoute des patients comme j'avais eu la chance de l'être en première année.
Le reste, tient à mon manque de courage.
Celui de dire à mes proches que c'était insupportable et que je refusais dorénavant de faire partie du système.
Je ne regrette rien.
C'était une expérience parmi d'autres qui ne finit pas de m'en apprendre.
Je ne regrette pas non plus d'avoir claqué la porte, d'avoir hurler ma rage même si ça nous a laissés, eux comme moi, complètement sonnés.
Je ne regrette pas d'avoir fait la plus grosse bêtise de ma vie, puisque c'était ainsi qu'ils appelaient l'éclair de lucidité qui m'a poussée à sauver ma peau.
J'aime tout ce que j'ai vécu après ce grand remous causé dans l'école.
J'aime tout ce qui a suivi, jusqu'à la boue dans laquelle j'ai longuement pataugé, j'aime la personne que je suis devenue, j'aime tout ce que j'ai appris depuis comme me bien traiter.