Extrait de l'article publié dans le journal Le Monde du 06 juillet 2009 intitulé
Le ministère sanctionne les enseignants qui n'appliquent pas les réformes :
Pour Philippe Meirieu, professeur des universités et figure emblématique du courant pédagogique, les sanctions étaient inéluctables : "A partir du moment où vous vous qualifiez de désobéisseur, une formulation assez maladroite, l'institution ne peut pas ne pas réagir. D'autant que les enseignants ont pour fonction symbolique de faire obéir leurs propres élèves."
L'école, ou/où, conjuguer à tous les temps, à toutes les personnes le verbe obéir... En d'autres temps, des fonctionnaires ont désobéi et ont été décoré pour l'avoir fait.
Et quand je lis, toujours extrait du même article
Reste que l'institution fait face à une forme inédite de contestation. "Le système éducatif s'est fait une spécialité de l'ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Elles meurent à petit feu dans l'indifférence générale. Là, je suis admiratif de leur franchise : en revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l'usage de ne pas faire et de n'en rien dire. Mais ils vont le payer", explique encore M. Meirieu.
Manifestement, le plus grave n'est pas de désobéir mais de le faire au grand jour. La leçon semble être : sauver les apparences, servir la soupe, montrer à l'autre ce qu'il veut voir, dire ce qu'il veut entendre. Personne n'est dupe mais le respect de l'ordre établi est sauf, pour notre bien à tous, sans doute.
Par moment, je sens mes enfants plonger plus profondément dans leurs jeux, leurs rires, leurs rêveries comme pour oublier ce qui les attend, pendant que de mon côté, je me demande comment leur expliquer combien il est difficile de demeurer intègre, aimant, joyeux, dans un monde qui veut nous faire tous marcher à la baguette. Si j'avais su à l'époque, si j'avais eu une conscience différente, j'aurais fait un choix différent...