Oui le deuil est un travail de longue haleine (d'ailleurs, voit-on vraiment le bout un jour ?).
Elle se sent accabl?e de porter sa m?re et son enfant ? bout de bras quand personne ne la soutient et ne re?oit sa peine.
Sa maman qui sort d'une grave maladie ne veut pas entendre son chagrin
trop plong? dans le sien pour pouvoir entendre celui de sa fille, son
fils qu'elle ?l?ve seule pleure presque tous les jours, elle n'a pas
travaill? depuis plus de trois ans, le p?re de son enfant et sa
belle-famille lui mettent des b?tons dans les roues, ce qui reste de la
famille joue ? "courage fuyons," sa meilleure amie ne veut pas ?tre
d?sign?e tutrice de son fils parce que c'est une trop grande
responsabilit? sans compter les tracas d'une succession ? r?gler, la
solitude qui s'installe, la fatigue, et la fragilit? qui pointe ? force
de recevoir sans r?pit des coups de boutoir.
Que pouvais-je lui dire pour soulager sa peine ?
J'aurais voulu trouver des mots magiques qui l'auraient transport?e
ailleurs, qui auraient effac? son chagrin et tari ses larmes au moins
l'espace d'un instant mais je n'ai rien trouv?.
Au lieu de ?a, j'ai jou? les d?broussailleuses... non, tu n'es pas
le parent de ta m?re qui doit affronter sa peine comme tu dois
affronter la tienne, non tu n'es pas responsable de sa mort ? lui, non
tu ne peux pas soustraire ton fils ? cette triste r?alit?, non tu ne
peux pas attendre des gens des choses qu'ils ne peuvent et/ou ne
veulent d'apporter, oui c'est du temps et de l'?nergie perdus ?
s'insurger contre le sort, oui il est inutile d'?voquer le comportement
de tel ou tel membre de la famille parce qu'il ne faut rien en
attendre, oui tu es seule comme nous le sommes tous, oui je me sens
impuissante et j'enrage de l'?tre alors que je me demande ? chaque
parole que je prononce ce qui m'aurait aid? moi. Et m?me pour moi, je
ne trouve rien.
On est bel et bien seul face au deuil qui est sans doute l'?preuve la plus difficile ? surmonter.
Ma ch?re, avec toutes les difficult?s auxquelles tu es oblig?e de faire
face, soie bienveillante, je t'en prie, envers toi-m?me. N'imagine pas
relever la t?te et retrouver le courage d'un p'tit cheval blanc dans le
mauvais temps en quelques semaines ni m?me quelques mois.
Tant de choses ? se rem?morer sur lesquelles pleurer jusqu'? la lie,
tant de d?cisions, de remaniements ? effectuer... rien ne sera plus
jamais comme avant c'est vrai, ? quoi bon dire le contraire ?
J'enrage d'assister ? ta d?rive sans pouvoir te soulager. J'enrage... et je pleure avec toi.
Partageons au moins nos larmes.
Tu as perdu ton papa, ta maman son mari... il faudra bien vivre avec ces trente ans et quelques de souvenirs...
Tout ce que j'esp?re c'est que le poison des regrets te sera ?pargn?.