TISSAGE






Comme je le disais dans mon précédent billet j'ai été conviée à me joindre au chantier de réflexion sur la pédagogie sociale.
J'y suis allée une première fois puis j'ai "séché" la deuxième réunion parce que j'avais le sentiment de n'avoir rien à apporter à ce groupe de professionnels.
Éducateurs, enseignants (pédagogie Freinet pour la quasi totalité , psychiatre, sociologues, réalisateur, artiste peinture, potière, éducateurs jeunes enfants en formation et moi, en tant que "rien du tout."
Pas de statut professionnel derrière lequel me retrancher, rien d'autre que le fait d'être une mère d'enfants instruits en famille.
J'assume la plupart du temps. Pas cette fois-là, rattrapée par l'idée, que je réfute pourtant, selon laquelle le diplôme est la condition nécessaire pour rendre notre discours, nos choix, légitimes !
Ce matin, pas question de me défiler. Après tout, si quelqu'un que j'estime, m'offre une place dans ce chantier, c'est qu'il y a une raison. Si je ne la vois pas, c'est l'occasion d'ouvrir les yeux.
Nul besoin d'être spécialiste pour s'intéresser à la pédagogie sociale.
Comme l'art, la réflexion est accessible à tous...
Non seulement j'y suis allée, mais je suis intervenue, j'ai écouté, échangé.
C'était passionnant !
La date de la prochaine rencontre est fixée.
Il sera question de créativité !
Je n'aurai pas trop d'un mois et demi pour laisser infuser tout ce qui s'est dit aujourd'hui mais j'ai quand même hâte de retrouver ce groupe.*
Même si en me présentant, j'ai dit que j'avais le sentiment d'être le vers dans la pomme, on m'a posé beaucoup de questions sur l'instruction en famille !
* Je me souviens de mes années dans l'animation en réalisant brusquement combien j'aimais ça. J'ai peut-être bien terminé de cuver mes années de collectivité forcée.
Il paraît que le texte de Malo ainsi que le mien seront bientôt publiés là. À suivre...
Moi : Bonjour ma colère ! Comme tu vas aujourd'hui ?
Ma Colère : Je vais bien.
M : Est-ce que tu as envie de sortir ?
MC : Non, pas du tout !
M : Pourquoi ?
MC : Tu t'es bien occupée de moi, tu ne m'as pas rejetée, tu m'as acceptée, écoutée, tu as parlé, agi. Je n'ai aucune raison de sortir.
M : Ca me fait plaisir ce que tu me dis. Avant, tu me faisais peur, je ne savais pas quoi faire de toi mais je commence à apprendre à prendre soin de toi.
MC : Tu apprends vite. Je ne suis pas ton ennemie.
M : Oui, je le découvre depuis peu. On m'avait interdit de te laisser sortir en me faisant croire que je ne serais pas digne d'être aimée si je m'occupais de toi et ça me faisait très peur.
MC : Ca devait être dur à vivre.
M : Oui, parce que je croyais que j'étais anormale.
MC : Je suis très utile pourtant.
M : Je m'en rends compte à présent mais il m'a fallait des années pour le découvrir et l'accepter.
MC : Je te détruisais à force de rester enfermée.
M : Je le ressentais seulement ça aurait dérangé beaucoup de monde que je m'occupe de toi alors j'ai occupé ma bouche avec de la nourriture et des cigarettes pour te barrer le passage.
MC : Ca a ruiné ta santé.
M : Oui, j'en paye le prix maintenant mais au moins, je ne fume plus, je ne souffre plus de boulimie et je te prends en charge dès que je t'entends arriver.
MC : Comme tu te sens depuis que tu m'accueilles ?
M : Bien, très bien, de mieux en mieux même si j'ai encore du mal à dire les choses calmement. Grâce à toi, je reprends ma place, je m'autorise à vivre, de mieux en mieux, c'est comme une renaissance. Tu m'as rendu un grand service.
MC : Je te l'ai dit, je ne suis pas ton ennemie mais ta sentinelle. Je donne l'alerte quant tu ne t'occupes pas de toi, quand tu laisses pourrir certaines situations au lieu d'agir, quand tu fais fausses route.
M : J'ai de la chance de t'avoir ! Tu m'obliges à apprendre, à agir, à ouvrir les yeux, à faire tomber les illusions les unes après les autres.
MC : Comment veux-tu vivre si tu dors tout le temps ? Pour vivre pleinement, il faut que tu soies en éveil, que tu veilles à ne te charger que de l'essentiel. Je t'aide à faire le tri !
(...)
MC : On arrête là pour aujourd'hui ?
M : Oui. On a encore beaucoup de choses à se dire mais le plus gros est fait. Continue à veiller sur moi.
MC : Toi aussi et n'oublie pas de m'écouter !
Parce que le pouvoir d'achat n'est pas florissant, nous avons dû mettre la pédale douce sur notre participation aux sorties et ateliers proposés pa le groupe des non-sco.
Les ateliers sont chers, les transports aussi.
Goulven paye demi-tarif, Malo et moi plein pot.
Comme il n'est pas question de circuler en vélo ou en rollers pour le moment, il faut donc que le déplacement vaille le coup (en gros, que, d'une manière ou d'une autre, nous y trouvions tous notre compte) car à chaque fois, c'est la moitié d'un carnet de tickets de métro qui s'envole.
Nous exploitons au maximum les ressources de notre quartier afin de limiter les frais mais aussi la fatigue et le temps passé en déplacements.
Nous avons également découvert qu'il existent quantité d'activités gratuites au moins aussi intéressantes que d'autres plus coûteuses. Dans ces cas-là, les frais de déplacement sont largement amortis.
Une maman non-sco, qui surveille son budget elle aussi, nous a suggéré les Ateliers du Club Nature du Parc Floral (le programme 2008-2009 inscriptions au 01 71 28 50 56)
J'ai un petit peu triché sur l'âge de Goulven au moment de l'inscription, c'est passé comme une lettre à la poste.
L'animateur est adorable, les participants (peu nombreux) aussi.
Voilà notre cercle de relations qui s'agrandit à nouveau.
L'autre avantage, c'est que nous y participons tous les trois.
Encore un lieu où l'on ne pratique pas "l''agisme." Jeunes et moins jeunes découvrent, partagent, échangent, jouent et apprennent ensemble.
Nous avons découvert les conifères puis, quinze jours plus tard, les feuillus (reconnaître les feuillus par leurs bourgeons)
(photos à venir)
Sites intéressants :
botanique.org
arbonet.ekko
Un dossier sur les conifères sur le site de Futura-Environnement (grâce à ce billet, j'ai jeté un œil sur ce site dont je reçois la lettre de diffusion et découvre que c'est une mine d'infos)