MYOSOTIS

Ils étaient si beaux, si bleus, si gracieux... coup de coeur floral chez Sami !

Ils étaient si beaux, si bleus, si gracieux... coup de coeur floral chez Sami !

Puisque le printemps s'invite en ce mois de Février, puisque le prix était dérisoire, puisque les fleurs étaient belles, puisque l'envie était là...
La petite trouvaille du Dimanche soir. En pensant à celle qui s'est envolée pour Cuba mercredi dernier.
Maintenant, j'ai du temps, du calme, du silence, de la solitude (jamais assez). Je pourrais peindre, tricoter, crocheter, dessiner, lire, dormir, me promener, prendre des photos, bloguer, au lieu de ça, je reste plantée là, sans rien faire, hébétée.
Après tant d'année à lutter pour essayer de grapiller un peu de temps, un peu de calme, un peu de silence, un peu de solitude, pour peindre, tricoter, crocheter, dessiner, lire, dormir, me promener, prendre des photos, bloguer, je n'ai plus envie de rien.
Je suis comme une bougie éteinte dont on essaie, en vain, de rallumer la mèche.
Je ne sais pas combien d'années il me reste à reste à vivre et je n'ai aucune idée de ce que je veux en faire.
Toutes mes tentatives ont été étouffées, empêchées, laminées.
Je dois lutter contre le découragement, l'envie de me coucher pour ne plus jamais me relever.
Pour le moment, j'écoute le silence, je reste seule.
J'ai peine à croire que c'est bien ma respiration que j'entends à nouveau, que mon coeur bat normalement, qu'il y a une trève dans les brimades quotidiennes familiales.
J'avais trente ans.
Je les ai élevés du mieux que j'ai pu, avec mes faiblesses, mes défauts, mes côtés sombres et lumineux, avec ce manque de goût pour la vie, j'ai essayé, encore et encore. J'ai beaucoup pleuré, pas beaucoup dormi. Souffrance, colère, frustration, déception, tristesse abyssale et au milieu du chaos, l'émerveillement qui a fini par s'étioler lui aussi. Ce que que je voulais leur transmettre n'a pas été reçu. Sentiment de rejet. Fille nulle, épouse nulle, mère nulle. Echec à tous les étages. Prière de sortir de la maison à toute vitesse.
J'ai cinquante ans.
J'essaye de pas regardere en arrière. Je ne me reconnais ni intérieurement ni extérieurement. Je suis étrangère à moi-même, étrangère au monde. Je ne sais pas où je suis, qui je suis et encore moins qui je suis devenue.
Je n'ai plus la force, je n'ai plus envie, je ne l'ai jamais eu mais là, je n'ai plus envie d'essayer d'avoir envie.
Mon refuge, ma guérison, ma paix, c'est le silence et la solitude.
Le reste...
De temps en temps, je crois que mon heure est venue. Je n'éprouve plus la tristesse de quitter ce monde. J'ai seulement peur d'avoir mal, peur d'avoir peur, peur de ce qui m'attend.
Vous serez jugé sur l'amour.
Ai-je donné ma vie ? Je l'ai fait puis un beau jour, je n'ai plus pu. Je n'avais plus rien à donner, j'étais arrivée au bout du bout de tout. Plus d'espoir, plus de joie, plus de conviction, plus d'énergie, plus de confiance.
Je suis en deuil.
Deuil d'une vie qui n'aura jamais été et ne sera jamais normale, deuil de ma jeunesse, deuil de mes forces, deuil des illusions, deuil de ceux qui ont franchi le seuil, deuil d'une vie rêvée qui ne viendra jamais, deuil d'un amour qui n'existe pas chez les êtres humains, deuil des qualités qui me font défaut, deuil d'une enfance encore moins marrante que je le pensais.
Tout est tari sauf la source des larmes. Je suis pleine de larmes. J'en suis pourvue pour Dieu sait combien d'années. C'est peut-être ce que je suis : une fontaine de larmes.
Peur. Celle d'avoir tout raté, celle de finir à la rue, celle de ne plus jamais recevoir de tendresse, celle de la maladie, de la douleur.
Toute la journée, j'attends de pouvoir somber dans le sommeil. Quelques heures d'oubli, blottie sous les couvertures comme à sept ans. Pas de réflexion, pas d'engueulade, pas de bruit. Seules les pensées peuvent encore me torturer. C'est le temps de la prière qui me sauve et me donne la vie. Mon Dieu, donnez-moi la force de vivre jusqu'au dernier jour sans devancer l'appel. Il y a ceux qui font de grandes choses, ceux qui assument le quotidien, moi, je dois seulement vivre. C'est mon calvaire.
Je ne sais pas pourquoi je suis comme je suis, toujours à côté de la plaque, jamais comme je devrais, toujours à contretemps, toujours silencieuse quand il faut parler et parlant quand je devrais me taire. Logique à part, chemins de pensée qui s'éloignent des grands axes, incapacité à faire coïncider ce royaume de Dieu et la réalité du monde. Difficiculté à croire que le mal existe. Sévères rappels à l'ordre. Tu n'y crois pas ? Attends, tu vas voir. Et inmanquablement, le mal est là. Larmes, colère, révolte, désespoir, dégoût. Il faut aimer "à travers" le mal disait Simone Weil ou Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix. L'une ou l'autre, je ne sais plus. Le mal est partout, en moi, autour de moi. L'amour est partout, en moi, autour de moi. Tout est dans le choix. Il faut choisir à chaque instant. Il n'y a pas d'échappatoire.
Fatigue, lassitude, désarroi. J'appelle à l'aide. Seigneur, prends les commandes, rien de bon ne sort de moi, mais toi, qui est amour, tu fais toute chose nouvelle. Accorde-moi la grâce de l'obéissance et la grâce de la recevoir.
Tu es mon Père, ma Mère, mon Fils, mon Ami, mon Amour, ma force, mon silence, ma patience, ma constance, mon espérance, ma Vie, l'âme de mon âme, ma confiance, mon abri. Je voudrais être une coquille vide toute remplie de Toi.