ATELIER CARTON #7
Deux personnes sont parties en cours de stage, une nouvelle est arrivée.
L'ambiance est toujours très sympa.



DÉCÉLÉRATION
Il règne un silence de recueillement dans la maison.
C'est totalement inhabituel car d'ordinaire, les enfants vont et viennent, parlent, jouent, rient, se disputent et se réconcilient, écoutent de la musique, dansent, téléphonent...
Ca remplit l'air.
Mais aujourd'hui, tout ceci est remplacé par le silence.
Brusquement, presque d'un instant l'autre, décélération, plaintes, douche, pyjama, cavalcades jusqu'à la bassine. Bouillotte, petit verre d'eau, massage des pieds. L'enfant patraque entre en lui-même.
Sur le canapé, l'un est couché sous les couvertures pendant que l'autre, assis à proximité, inlassablement, plie des petits papiers nécessaires à la réalisation d'origami 3D.
Il fait déjà presque nuit alors je lui propose d'allumer une lampe.
Préférant rester dans la pénombre il continue son activité à la lueur des bougies allumées sur la table (une cheminée, nous rêvons d'une cheminée sinon, qu'est-ce l'hiver ?).
Et comme je n'ai pas l'air de comprendre la raison pour laquelle il souhaite ne pas troubler la paix de l'instant il me dit :
- tu comprends, ça me rassure de veiller sur lui
- mais ton frère va bien maintenant, il ne risque rien
Et de me répondre :
- je sais mais j'aime regarder son visage. Un jour je ne verrai plus ce beau spectacle !
Oui, il y a des paroles d'enfants qui vous prennent là et vous laissent pantelant...
LIVRE DE COLORIAGE
Cette année, c'est décidé, je prépare un livre de coloriages (je ne sais pas encore comment m'y prendre ni combien de temps ça me prendra mais qu'importe, dans ma tête, il est déjà en cours de réalisation).
Parce qu'on ne quitte jamais tout à fait l'enfance, parce que c'est l'occasion de plonger dans l'univers d'un autre, de tenir un feutre, un crayon entre ses doigts sans que le cerveau s'affole et érige immédiatement sa barrière préférée qui consiste à dire : je/tu ne sais pas dessiner.
Colorier, c'est s'accorder du temps.
Le temps pour soi, le temps de l'oubli de soi.
C'est offrir à sa main un peu d'espace pour s'exprimer, pour susciter l'envie de (se) dépasser.
Un trait par ci un rond par là jusqu'à ce qu'émerge le goût de recommencer, d'interpréter pour finalement se libérer et créer à son tour.
Bien sûr, comme vous, j'abrite un saboteur qui à, l'instant même me répète à l'envi : ne publie pas ces mots. Garde tout ça pour toi, de toute manière, tu n'iras pas jusqu'au bout et même si tu le faisais, ça n'intéressera personne.
Oui mais voilà, j'ai appris à écouter ma petite voix intérieure...
* bien que j'aie perdu le texte initialement écrit au moment de le publier, j'ai tenté de retrouver autant que possible tout ce qui avait jailli avec beaucoup de spontanéité. J'aurais pu me dire, tant pis. Mais non, pas cette fois. Je dois cette ténacité à une jeune femme inconnue si enthousiaste à la vue de mes dessins que je lui ai proposé d'en faire un pour elle et de le lui envoyer. C'est un bonheur immense que d'aller jusqu'au bout de mon élan et c'est dans notre joie partagée que j'ai puisé la confiance nécessaire pour réécrire au mieux ce billet.
BONNE ANNÉE
Je souhaite que chaque instant soit le merveilleux début du reste de nos vies.
Je vous embrasse toutes et tous.





