Fatima (metre le lien) est rentrée chez elle, après une année passée à mendier sur ce bout de trottoir. Par son sourire, ce don d'éveiller le meilleur en chacun de nous, son affection et tout le merveilleux qu'elle a fait jaillir autour d'elle, elle a rendu au centuple ce qu'elle a reçu. Que de chaleur, d'attention, d'amour, de générosité, de solidarité, quels élans pour cette femme humble, tendre et forte à la fois. Elle se tenait là, chaque jour et, comme un point de ralliement. Des gens qui ne se parlaient jamais avant son arrivée se sont (re)trouvés autour d'elle et d'autres belles rencontres ont vu le jour. Sur une petite pancarte, elle a fait écrire, en français, ses remerciements adressés à tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont aidée. Il a fallu nous dire au revoir. Surtout, ne pas pleurer, songer au bon côté des choses, conserver précieusement ce qui mérite de l'être, me réjouir d'avoir eu la chance de la connaître, me rappeler que si les corps sont ici, les pensées ne connaissent pas les frontières et que si les langues sont différentes l'amour s'en moque, car les cœurs jouent une musique qui se passe bien des mots.
(photo à venir)
Nous nous écrirons, je ne sais pas encore comment car je n'écris ni ne parle le turc. Confiante, je sais que la solution viendra à moi en temps voulu. Je rêve de partir avec les enfants pour lui rendre visite en Bulgarie...