Nous sommes à nouveau dans une période de rangement ô combien frustrante, épuisante et décourageante.
Chez nous, cet exercice ressemble à une chaise musicale où les objets qui n'ont jamais trouvé leur place, parce que trop nombreux, parce qu'il nous manque des rangements, parce que nous entassons, parce que nous manquons de temps parce que ceci et cela... cet exercice ressemble à une chaise musicale, une promenade de santé pour une la pile de vêtements que je ne sais pas où caser, la pile de papiers qui attendent d'être triés depuis X temps bref... J'aimerais qu'à la place nous nous promenions dans les bois pour nous refaire une santé.
Alors Samedi, ça m'a pris, d'un coup. Je suffoquais, il fallait que ça valse, à trois temps, à cent temps, à mille temps... il fallait que ça valse et ça a valsé. Vingt-quatre heures plus tard, les poubelles étaient pleines à craquer, une toute petite partie du tri effectuée tandis qu'au beau milieu du salon, trônait le bazar qui nous reste sur les bras à cause d'un certain nombre de décisions qui ne pourront pas se prendre maintenant. Et voilà le petit bordel cherche une nouvelle place. À côté, la pile de ce qu'on ne peut décemment pas jeter.
Donner, vendre ? À qui ? Comment ? Quand ?
Je voudrais que d'un claquement de doigt, tout soit réglé.
J'ai horreur de cette situation.
Toutes ces choses que j'ai aimées, mises, utilisées, appréciées, espérées, attendues, celles qu'on m'a offertes... toutes ces choses que je traîne comme des oripeaux sans parvenir à m'en séparer parce que je ne sais pas me séparer des choses, des gens, des épines dans le pied, dans le cœur, même si ça m'encombre, même si ça me détruit, même si ça m'empêche d'avancer, de respirer, de prendre un nouveau départ, d'être moi tout simplement.
Je n'ai jamais su quitter, tourner les pages de moi-même.
Pourtant, il y a longtemps, les trois-quart de mon appartement ont rempli un fourgon entier, parti esssaimer son contenu à droite et à gauche.
Quel soulagement, quelle légèreté... insoutenable parfois, le tout, teinté d'une satisfaction victorieuse.
Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que j'ai regretté de n'avoir pas conservé le livre que j'ai tellement envie de lire aux garçons, les dessins d'enfants dont je m'étais occupé pendant leur dernière année de maternelle et puis...
J'y pense, comme à des êtres chers que jamais plus je ne reverrai.
À nouveau, et en dépit du danger que cela représente, je rêve d'un fourgon qui emporterait au loin les traces de cette décennie révolue.
Je reste là, comme un soldat sur le champ de bataille jonché de cadavres, de blessés.
Et le temps presse... Effacer les traces d'une valse un peu trop brutale et songer au vide qu'il y aura à la place.
Faire du vide... pour qu'il se remplisse à nouveau ?!?
(...) Je reprends des forces devant ce clavier chronophage.
Tiens, recup.net ?
C'est pas mal.
Je clique, je lis les interventions sur le forum et j'atterris sur ce site :
Les Zaventures de Cucaracha qu'une petite voix nous a lu dans son intégralité !
Oui, tout ça pour ça...