GALETTE DES ROIS

Il n'y a plus de couronne pour la galette que Monsieur vient de sortir du four ?
Qu'a cela ne tienne... Malo en a fabriqu? pour toute la famille !

Il n'y a plus de couronne pour la galette que Monsieur vient de sortir du four ?
Qu'a cela ne tienne... Malo en a fabriqu? pour toute la famille !
Un peu avant No?l, branle-bas de combat chez la famille Sri lankaise qui vit juste au-dessus de notre appartement.
Monsieur partait avec avec femme, enfants (deux petites filles) et
bagages dont la taille laissait pr?sager une assez longue absence.
En r?alit?, seules Madame et ses filles s'absentaient Monsieur ayant
r?apparu le soir m?me (ou le lendemain je ne me rappelle pas
exactement).
Le jour No?l, il a mis la musique ? fond et quand je dis ? fond, ce
n'est pas une figure de style. Alors, Monsieur (le mien cette fois) a
vu rouge disant qu'il ?tait hors de question de laisser faire (nous
avons d? appeler la police ? diverses reprises, parce que so?l il
battait sa femme, ou pour divers troubles du voisinage...).
L'autre, qui avait encore taquin? la bouteille lui a dit qu'il ne baisserait pas la musique et la police a d?barqu?.
Il est connu de leurs services. Nous n'en savons pas plus et c'est bien ainsi.
Jusque l?, rien d'inhabituel sauf qu'entre temps, le Sri Lanka a ?t?
d?vast? par le tsunami et que notre voisin semble avoir d?sert? son
logement ce qui n'est jamais arriv? depuis deux ans (nous avons tous
emm?nag? le m?me mois de la m?me ann?e dans ce b?timent neuf).
Il n'y a pas le moindre signe de vie au-dessus de nos t?tes (pas de
cavalcades, pas de cris, pas de meubles d?plac?s, pas de bricolage, pas
de musique ? fond).
L'?cole a repris et personne ne les a vus.
Samedi matin nous sommes all?s faire un tour acheter une plante ? offrir ? notre boulang?re pr?f?r?e.
Elle tient la boutique et lui est au fournil.
Un de leurs enfants, leur fille a?n?e je crois, les aide quand elle peut.
Au dessus des pains, un verset du Coran.
Elle a toujours un foulard blancc pour cacher ses cheveux.
Quand nous sommes arriv?s dans le quartier, nous sommes all?s acheter le
pain chez eux parce qu'il est bon et que leur sourire et leur
incroyable gentillesse le rendent meilleur encore.
Ils sont tunisiens.
Quand l'?t? arrive, ils ferment pendant un mois et partent au bled dans leur famille. Ils nous manquent alors.
A la rentr?e, nous sommes heureux de leur retour.
Ils demandent toujours des nouvelles de celui qui n'est pas venu chercher le pain ou les croissants ainsi que des enfants.
S'ils sont contents, nous le sommes et r?ciproquement.
Ils travaillent pendant le ramadan, c'est difficile mais ils ne se plaignent jamais.
Ce sont des gens simples et radieux. Ils me rappellent ma grand-m?re
qui vivait en Tunisie elle aussi. Ils sont de ceux aupr?s de qui on se
sent accueilli, prot?g? et aim? que l'on fasse partie de leur famille
ou pas.
Nous ?tions venus lui offrir un petit plant de jasmin.
Elle a mis la main sur son c?ur a balbuti? quelques mots et finalement,
c'est elle qui nous a g?t? davantage encore en nous faisant un fleur
pour le g?teau d'anniversaire de Goulven. Comme ?a ne lui suffisait
pas, elle a rajout? une galette des rois et un petit sac de bonbons
pour les enfants.
Impossible de refuser.
Nous avons franchi le seuil de la boulangerie en nous confondant en remerciements.
Les gens merveilleux existent...
C'est Goulvenou qui a eu la f?ve...
... ont caress? nos joues ce matin.
Temps pass? ensemble ? arpenter les rues, ? flaner dans l'une, ?
papoter dans l'autre, ? se souvenir de celle-ci, ? projeter de revenir
dans telle autre.
Vol?e de cloches, odeur du march?, couleurs pour les yeux, frais sur la
peau, rires, regards, chatouillis, chuchotis, bouderies, plaisir d'?tre
l? ? se r?galer de riens.
... du temps o? nous ?tions tous serr?s bien au chaud les uns contre
les autres... avec la sensation que ?a ne s'arr?terait jamais...
Ca a dur? trop peu de temps et je ne supporte plus les stupides raisons
pour lesquelles nous nous imposons ces sempiternelles s?parations et
acceptons le ventre nou? ces miettes de temps pass?s ensemble.
(...) Le temps de m'y faire
Je prends mes affaires
Et puis j'arrive
Le temps qu'il me reste
Pour ceux que je laisse
L?, sur l'autre rive
Et sourire
Tant que je respire
Si j'y arrive
Et j'arrive (...)
Zazie (Rod?o)
Je suffoque de peur, de peine, de larmes.
Jamais je ne retrouverai la paix... si je pouvais me tromper.
Deux ans...
G?teau, bougies, cadeaux, bisous, c?lins, photos, films, excitation, joie, ?motion et...
sieste.
M?me ? deux ans, on se fatigue.
